Les ambitions internationales (mais pas que…) de Bodyguard, l’appli qui lutte contre le cyber-harcèlement
Gaëlle Cloarec
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Pixabay / CC
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En 2021, Bodyguard sort du bois. Et cible désormais le marché des entreprises et l'international après avoir fait ses armes auprès du grand public. Une double accélération que ce bouclier anti-haine, qui entend enrayer le harcèlement sur les réseaux sociaux, mène de front depuis Nice où il a vu le jour, il y a trois ans. A la manœuvre, Charles Cohen, la vingtaine, programmeur autodidacte et heureux père d'une techno capable de détecter les contenus haineux sur internet. Et donc de protéger, en temps réel, les individus du cyber-harcèlement et des cyber-violences.
"L'idée, résume-t-il, consiste à analyser les commentaires postés sur les plateformes compatibles avec l'appli, en l'occurrence Twitter, Instagram, YouTube et Twitch, les analyser et en retirer les contenus haineux en fonction des critères de modération choisis par l'utilisateur (insultes, moqueries sur le physique, harcèlement moral, harcèlement sexuel, racisme, homophobie et menaces de mort)". Une solution lancée sans tambours ni trompettes, qui a toutefois su creuser son sillon au point d'intéresser à l'automne 2019 un pool d'investisseurs (Kima Ventures, Starquest et Plug and Play) qui ont mis 2 millions d'euros sur la table.
Il faut dire que Bodyguard a des arguments pour convaincre. "La plupart des technologies actuellement sur le marché s'arrête au texte là où Bodyguard va regarder l'ensemble des détails qu'un modérateur humain prend en compte, notamment la situation de la personne qu'il protège et celle de la personne qui envoie le contenu". Une "analyse contextuelle poussée", insiste le dirigeant, qui permet à la start-up de revendiquer des taux de détection de contenus haineux proches des 90% contre 2% de faux positifs. Et de mobiliser, sans autre effort que le maintien de la performance, les utilisateurs.
Ils sont à ce jour 55 000. "Des gens comme vous et moi, mais aussi des personnalités publiques, journalistes, ministres, youtubers aux millions d'abonnés" qui, convaincus, s'attèlent à le faire savoir. "Contrairement à beaucoup d'applis qui promettent beaucoup mais, dans les faits, réussissent peu, nous avons choisi la stratégie inverse : parler peu mais faire bien. Le problème sociétal est tellement puissant, le besoin d'un produit qui fonctionne vraiment tellement fort que la communication autour de Bodyguard s'est organisée d'elle-même, de façon organique. Nous sommes une sorte d'outils d'intérêt public."
Gaëlle Cloarec