A Nice, la station d’épuration du futur se dessine
Gaëlle Cloarec
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A l'approche de la troisième Conférence des Nations Unies sur l'Océan (UNOC-3), qui se tiendra début juin à Nice, les visites de délégations s'intensifient. Le Québec cette semaine. Le Panama, celle d'avant. L'intérêt qu'éveille le chantier Haliotis 2 ne se dément pas. Il faut dire qu'il s'agit là d'un des plus grands projets industriels liés à l'eau en Europe. Chiffré à 700 millions d'euros, il vise à transformer la station d'épuration vieillissante de la métropole Nice Côte d'Azur en une usine-ressources full-option, capable de générer quatre fois plus d'énergie qu'elle n'en consomme. « C'est la station du futur », la qualifie Nicolas Mourlon, directeur de l'agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse, où tout est « maximisé », renchérit Yves Karinthi, directeur du groupement piloté par Suez, en charge de cette opération hors norme. « Chaque calorie est récupérée. Chaque ressource est utilisée. »
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Juxtaposée à l'aéroport Nice Côte d'Azur, en bordure immédiate de la Méditerranée, Haliotis traite aujourd'hui 60% des eaux usées issues de 20 communes métropolitaines. Sa version 2, dont la mise en service s'échelonnera entre 2028 et 2031, traitera celles de 26 communes, soit l'équivalent de 680 000 habitants. Une capacité de traitement renforcée dont les sous-produits seront valorisés, notamment en ressources énergétiques. La valorisation des boues d'épuration permettra en effet de produire 43 GWh/an de biométhane, ce qui équivaut à la consommation de 11 000 logements ou d'une flotte de 290 bus. Le reliquat sera envoyé à l'Unité de valorisation énergétique (UVE) de l'Ariane, situé de l'autre côté de la ville, pour alimenter le réseau de chaleur du quartier à hauteur de 26 GWh/an. Un autre réseau de chaleur, celui de l'aéroport et du quartier d'affaires du Grand Arénas, piloté par Dalkia, profitera du potentiel calorifique des eaux usées traitées, à hauteur de 27 GWh/an. Enfin, l'installation de panneaux photovoltaïques permettra de produire 475 MWh par an d'électricité, contribuant ainsi à l'autonomie énergétique du site. Au total, ce sont 15.000 tonnes équivalent CO2 annuelles qui seront économisées.
Gaëlle Cloarec