Depuis 2019, une équipe de l’Institut Européen des Membranes (IEM) planche sur la transformation de CO2 en éthylène. Un projet soutenu depuis 2020 par AxLR, la société d’accélération de transfert de technologies d’Occitanie Est, qui a flairé le potentiel d’une technologie qui permettrait de séquestrer le dioxyde de carbone rejeté dans l’air pour le transformer, en bout de chaîne, en plastique biosourcé. Un premier prototype vient d’être construit dans le laboratoire montpelliérain tandis qu’une startup devrait voir le jour d’ici début 2023.C'est en 2020 que la société d'accélération de transfert de technologies (SATT) AxLR, à Montpellier, repère le projet développé au sein de l'Institut Européen des membranes (IEM), un laboratoire de recherche sous tutelle de l'Ecole nationale supérieure de Chimie de Montpellier (ENSCM), de l'Université de Montpellier et du CNRS. Damien Voiry, jeune chercheur en chimie des nanomatériaux au CNRS depuis 2016, y travaille sur un procédé complexe destiné à transformer le CO2 par électrolyse.
A l'affût des innovations issues du milieu de la recherche afin d'en accompagner le développement technologique dans le cadre du Programme des Investissements d'Avenir (PIA), la SATT soutient rapidement le projet à hauteur de 315.000 euros. Entre 2020 et 2022, trois brevets sont déposés, portant sur plusieurs versions d'un catalyseur, composé d'une fine couche de métaux et permettant la conversion de CO2 en éthylène par un procédé d'électrolyse. Il s'agit de prendre le déchet problématique que constitue le dioxyde de carbone et d'utiliser de l'électricité, si possible issue des énergies renouvelables (ENR), afin de le transformer en éthylène. Souvent obtenu à partir d'énergie fossile, l'éthylène est un gaz utilisé pour produire du polyéthylène, la matière plastique la plus courante.
En bref, le procédé mis au point par l'équipe de Damien Voiry utilise le CO2 de l'air pour en extraire un gaz permettant, en bout de chaîne, de fabriquer des fibres synthétiques biosourcées qui serviront à produire des sacs plastique, des menuiseries en PVC ou de l'habillement.
Technologies à émission négative de CO2
Les choses s'accélèrent en 2022 avec l'arrivée au printemps de celui qui va porter le projet de startup adossé à l'innovation scientifique. Italien installé en France depuis une douzaine d'années, Alfonso Morriello possède une solide expérience dans le monde des affaires, d'abord celui de l'énergie traditionnelle, avant de s'intéresser à l'innovation et aux nouvelles énergies. Ainsi, en 2011, il a par exemple cofondé Axegaz, startup spécialisée dans la distribution de GNL (gaz naturel liquéfié) et de bio-GNL.