Le marché français de moins en moins rentable

Les immatriculations de voitures particulières neuves en France ont rechuté de 7 % le mois dernier en données brutes, de 2,5 % à nombre de jours ouvrables identiques. La mise en place d'un nouveau système de plaques minéralogiques a certes quelque peu perturbé les délivrances de cartes grises, explique le CCFA (Comité des constructeurs français d'automobiles). Par ailleurs, des mouvements sociaux chez des sous-traitants ont entravé la production de certains modèles français. Mais il n'empêche. Si elle a évité l'effondrement des ventes, la prime à la casse ne suffit pas à redonner le moral aux constructeurs.primes et fiscalitéCar l'effritement du marché s'accompagne souvent d'un plongeon encore plus flagrant du chiffre d'affaires et de la rentabilité. Logique : primes à la casse et fiscalité à vocation écologique favorisent les petites voitures à très faibles marges ? sauf sur certains modèles snobs et marginaux comme la Mini ?, lesquelles représentent aujourd'hui 57 % des ventes dans l'Hexagone, contre 45 % en 2007. En revanche, les compactes sont repassées largement sous la barre des 30 %, contre plus d'un tiers il n'y a pas si longtemps. Les voitures de gamme moyennes supérieures plafonnent à 10 %, le haut de gamme à 5 %.Le prix de vente moyen « baisse un peu », reconnaît pudiquement le nouveau directeur général de Citroën, Jean-Marc Galès, malgré le succès des monospaces C3 et C4 Picasso ainsi que le maintien de la familiale C5. « En 2007, notre prix de vente moyen était de 20.000 euros, avec 60 % des ventes en 4×4. En 2009, nous en sommes à 15.000, avec 20 % de 4×4 seulement », souligne le président de Hyundai France, Jean-Claude Debard. « Notre petite Alto représente désormais 15 % de nos volumes. Or ce modèle est vendu avec très peu de marges. Les clients la choisissent surtout en version de base [7.990 euros au prix catalogue, Ndlr]. En revanche, nous n'écoulons plus que 200 4×4 Grand Vitara par mois, trois fois moins qu'il y a deux ans », précise le directeur commercial de Suzuki France, Jean-Luc de la Ruffie. Et encore le constructeur japonais doit-il offrir des remises substantielles [5.000 euros] sur son tout-terrain Grand Vitara traditionnellement profitable. Même BMW reconnaît pudiquement « un recul relatif du chiffre d'affaires ». Les réseaux de distribution se retrouvent dans un état encore plus délicat. « Si nos concessionnaires parviennent en 2009 à une marge de 1 %, on sera parmi les meilleurs. La marge atteignait 1,5 % en 2008 », explique le président de BMW France, Philippe Dehennin. Quant au réseau Peugeot, sa marge, qui était de 0,5 % à peine l'an passé, pourrait fléchir encore davantage cette année. Bien des réseaux devraient se retrouver au-dessous du 1 % fatidique, comme par exemple Opel ou Mazda. A.-G. V.La marge des réseaux de distribution devraient se retrouver au-dessous du 1  % fatidique.

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