Solution en vue pour débloquer la télévision mobile

Une solution s'esquisse dans le dossier de la télévision sur téléphone mobile (TMP), enlisé depuis près d'un an. Une annonce pourrait être effectuée au plus tôt mi-mai, alors que le gouvernement avait promis une solution pour fin mars, puis fin avril. Le dossier a été pris en main par la secrétaire d'État au numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet. Elle a élaboré un schéma où les opérateurs mobiles jouent un rôle central, ce qui est assez logique, car ce sont les seuls à être prêts à investir dans la TMP. De fait, les chaînes de TV, affectées par la chute du marché publicitaire, s'y refusent.En pratique, les opérateurs mobiles financeraient le lancement du service, supportant ainsi le risque du projet. En retour, ils percevraient le chiffre d'affaires généré jusqu'à ce que l'investissement de départ soit remboursé. Le service couvrirait dans un premier temps Paris et la petite couronne, voire une ou deux villes de province. Il serait ensuite étendu si cette première étape s'avère probante. Selon ce schéma, les opérateurs mobiles constitueraient une société ad hoc ou entreraient au capital du multiplex, la société regroupant les 16 chaînes de la TMP. Étant donné qu'ils assurent le financement, ils auraient voix prépondérante au sein du multiplex sur ce point.Bouygues Télécom a d'ores et déjà indiqué qu'il ne voulait pas financer la TMP. Restent donc en lice Orange et SFR, qui étudient actuellement ce schéma. « NKM », si elle obtient leur accord, consultera ensuite les chaînes. Sinon, le projet risque fort d'être enterré, et ces fréquences réutilisées pour de nouvelles chaînes en haute définition. C'est en tout cas la menace que brandit « NKM ».Ce schéma pose toutefois plusieurs problèmes. D'abord, la couverture sera initialement inférieure aux 30 % exigés par le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel). Toutefois, l'autre condition posée par le gendarme de l'audiovisuel (diffuser les 16 chaînes qu'il a choisies) devrait être respectée. Par ailleurs, donner les clés du projet à Orange et SFR pourrait poser des problèmes au regard du droit de la concurrence. Et, pour sécuriser ce point, le gouvernement a déjà consulté la Direction de la concurrence (DGCCRF) et songe à demander son avis à l'Autorité de la concurrence. Un premier problème est qu'il ne faudrait pas favoriser Orange et SFR par rapport aux autres opérateurs mobiles. Ensuite, pour construire le réseau, Orange et SFR pourraient, s'ils obtiennent le feu vert des syndics et des riverains, vouloir réutiliser leurs émetteurs existants.Cela se ferait au détriment de TDF, qui apparaît comme le grand perdant de ce schéma. Pourtant, TDF comptait beaucoup sur la TMP et avait même proposé en janvier un scénario assez similaire : la création d'une « société de lancement de la TMP », dont il aurait détenu 20 % aux côtés des opérateurs mobiles et de Canal Plus. Cela lui assurait de rester au centre du jeu. Mais cette proposition avait été froidement accueillie, notamment par les chaînes ? excepté BFM TV. Ce scénario présente « un risque en termes de libre concurrence dans l'hypothèse où TDF serait à la fois actionnaire et fournisseur », avaient répondu les chaînes.

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