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à Detroit, dernière chance pour les « big three »

La Tribune

Publié le 22 janvier 2009 à 00:29 - Mis à jour le 22 janvier 2009 à 00:29

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L'Auto Show » de Detroit ouvrira ses portes demain dans un contexte plus délétère encore que l'année dernière. Tous les grands constructeurs mondiaux accusent une chute libre de leurs ventes et les anciens « Big Three », désormais surnommés « Detroit Three », ne sont pas certains de survivre d'ici à l'édition 2010 du salon. Nissan a renoncé à participer à l'événement, dont plusieurs soirées ont été annulées. La société de gestion Loomis, Sayles & Co estime qu'il rapportera 350 millions de dollars à la ville, soit 100 millions de moins qu'en 2008. Les analystes, la presse et le public seront surtout attentifs aux annonces des constructeurs américains, dont la situation financière est particulièrement précaire. Fin décembre, George W. Bush s'est résolu à puiser dans le programme fédéral destiné à soutenir le secteur financier (TARP) pour secourir General Motors (GM) et Chrysler.Ces constructeurs avaient prévenu que, faute d'aide fédérale, ils seraient à cours de liquidités début 2009. Les deux groupes ont depuis perçu une large part des 17,4 milliards de dollars de prêts d'urgence qui leur ont été consentis. GMAC, l'ancienne filiale de crédit automobile de GM, dans laquelle le constructeur conserve une participation, a obtenu de la Réserve fédérale le statut de holding bancaire, ce qui lui ouvre également l'accès au TARP. De son côté, la direction de Ford affirme qu'elle ne fera appel au gouvernement fédéral que si une dégradation de la conjoncture l'y contraint ou si l'un de ses concurrents se déclare en faillite. « Ford a eu l'intelligence d'emprunter 25 milliards de dollars voilà dix-huit mois en gageant la plupart de ses actifs avant que la crise éclate sur les marchés financiers », rappelle Xavier Mosquet, directeur du bureau de Detroit du Boston Consulting Group. restructuration exigéeLa communauté d'affaires de Detroit estime que les conditions posées aux constructeurs en échange des crédits accordés sont salutaires. Dans le cadre du plan de redressement que devront présenter GM et Chrysler d'ici au 31 mars, le gouvernement demande des concessions aux syndicats, aux équipementiers et aux créanciers. Est aussi exigée la restructuration de leur outil industriel prévoyant le développement de véhicules moins polluants. « Une crise est parfois nécessaire pour que des solutions stratégiques soient adoptées et je crois que celles-ci permettront aux constructeurs de se redresser », se félicite Richard Blouse, le président de la chambre de commerce de Detroit. Les analystes sont formels?: compte tenu de l'impact social et, in fine, budgétaire qu'aurait une faillite du numéro un américain, la prochaine administration interviendra coûte que coûte pour sauver GM, malgré les pertes de 73 milliards de dollars annoncées depuis 2004. L'avenir de Chrysler, qu'a repris le groupe de capital-investissement Cerberus auprès de l'Allemand Daimler en 2007, est en revanche plus incertain. Présent pour l'essentiel sur le marché américain, Chrysler est le plus sensible des « D3 » à l'effondrement du premier marché automobile mondial. « Sans la chute brutale des ventes de véhicules au troisième trimestre, GM aurait pu acquérir la plupart des actifs de Chrysler », estime Patrick Anderson, président d'Anderson Economic Group, un consultant de East Lansing, dans le Michigan. L'expert n'écarte pas que Chrysler « fusionne ou soit repris par appartements par des constructeurs américains et étrangers ». GM et Chrysler, qui ont suspendu l'activité de 50 usines en janvier, ont promis d'adapter leur outil industriel à un marché américain plus proche de 13 millions de véhicules annuels que du seuil de 15 millions auquel ils étaient habitués depuis dix ans. Les « D3 » ont déjà éliminé plus de 100.000 emplois aux Etats-Unis en trois ans et GM s'est engagé à réduire ses effectifs de 33 %, soit de 30.000, d'ici à 2012.négociations « difficiles »Responsable local du syndicat UAW et salarié de General Motors, George McGregor prévient que, dans ces conditions, les négociations qui démarrent lundi avec les constructeurs « promettent d'être difficiles ». L'UAW ? qui n'a pas le droit de faire grève pendant ces négociations ? s'apprête à renoncer à certains avantages tels que les indemnités en période de chômage technique, mais entend résister sur les salaires, que le Congrès espère aligner sur ceux des employés des constructeurs japonais aux états-Unis. La marge de man?uvre du syndicat est toutefois réduite. « En cas de faillite, l'UAW perdra tout, car c'est un juge qui aura tout pouvoir sur les contrats d'entreprise », prévient Xavier Mosquet.

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