Obama décrète l'état d'urgence pour soutenir l'emploi

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Il est temps d'agir et d'agir sans attendre. » Alors que des critiques commencent à poindre au Congrès sur le coût et le contenu de son plan de relance estimé à 775 milliards de dollars, Barack Obama s'est saisi hier des derniers chiffres américains du chômage pour engager les parlementaires à l'adopter au plus vite. Le président élu, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a jugé que la « situation (économique) est très grave, se détériore et exige de prendre des mesures immédiates ». En décembre, 524.000 emplois ont été détruits aux États-Unis, portant le taux du chômage à 7,2 %.L'année dernière, 2,6 millions de postes ont ainsi été éliminés, ce qui n'était pas arrivé depuis 1945. Les économistes sont partagés sur la gravité de la situation. Certains notent que compte tenu de la croissance de la population américaine, il est hasardeux de comparer les destructions d'emplois de 2008 avec celles de 1945 ou de la Grande Dépression. Une étude commandée par l'agence Reuters à la lettre économique shadowstats.com rappelle toutefois que, depuis les années 1960, le gouvernement américain raye des listes du chômage les travailleurs ayant cessé de chercher un emploi pendant plus d'un an. des sénateurs critiquesEn retenant la méthodologie employée dans les années 30 ? pendant lesquelles jusqu'à un Américain sur quatre a perdu son emploi ?, le taux de chômage se situerait actuellement au-dessus de 16,5 %, estime shadowstats.com. Hier, Barack Obama a rappelé que son plan avait « pour objectif de créer et préserver trois millions d'emplois » et que ses grandes lignes faisaient selon lui l'objet d'un consensus parmi les démocrates du Capitole. Mais d'après le « New York Times », son stratège David Axelrod et Larry Summers, le futur chef du Conseil économique de la Maison-Blanche, ont rencontré cette semaine des sénateurs plutôt critiques. Ceux-ci ont recommandé aux conseillers du Président de concentrer les efforts de relance sur les projets d'infrastructures susceptibles de stimuler les créations d'emplois et d'accorder moins d'importance aux baisses d'impôts. Le candidat malheureux à la présidentielle de 2004, John Kerry, figure parmi les sénateurs ayant critiqué les crédits d'impôts de 3.000 dollars que Barack Obama compte accorder à chaque entreprise créant un emploi, jugeant que cette mesure est peu susceptible d'influencer leur décision.une réforme en préparationL'entourage d'Obama craint par ailleurs que l'adoption de son plan soit ralentie par un amendement sur lequel planchent des élus démocrates, et auquel s'opposent les républicains, pour autoriser les tribunaux sur les faillites à modifier les crédits hypothécaires. La prochaine administration pourrait toutefois donner satisfaction à ces élus démocrates. Selon les médias américains, l'équipe de transition du futur président prépare une réforme du programme de soutien au système financier (Tarp) qui reste doté de 350 milliards de dollars. Lors de son audition devant le Sénat, attendue autour du 15 janvier, le futur secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, pourrait annoncer que ce programme aurait désormais vocation à prévenir les saisies immobilières, aider les municipalités ainsi que les PME affectées par l'assèchement du crédit. n

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