Nyse-Euronext dans le rouge

La lune de miel est terminée. Il aura suffi du premier test réel de comparaison entre la valeur comptable des écarts d'acquisition d'Euronext plus actifs incorporels et leur valeur de marché fixée lors de la fusion de Nyse Group et d'Euronext, pour que la Bourse transatlantique tombe dans le rouge. En avril 2007, au moment de la fusion des deux opérateurs boursiers, chacun avait été évalué à 10 milliards de dollars. Depuis, affectée par la crise financière et un environnement plus compétitif, la valeur de marché a fondu pour passer sous les 6 milliards de dollars hier (l'action cédait 8 % en séance). De fait, ce test a conduit l'entreprise à passer une provision pour dépréciation d'un montant de 1,59 milliard de dollars. Les comptes 2008 s'en trouvent sérieusement tronqués. Le quatrième trimestre est synonyme d'une perte de 1,338 milliard de dollars. Sur l'ensemble de 2008, la perte est ramenée à 738 millions de dollars, après un bénéfice de 643 millions en 2007.Se voulant rassurant, Duncan Niederauer, le patron de Nyse-Euronext, a souligné que cette provision, « si elle implique un réexamen des cash-flows futurs, elle en disait plus sur la psychologie des marchés à l'heure actuelle qu'elle ne constituait un indicateur des perspectives de croissance de l'industrie ». Évoquant « une période de dislocation des marchés et d'incertitude sans précédent », le dirigeant a convenu que l'exercice 2009 restait difficile à prédire. Mais il se veut confiant pour 2010, grâce à la poursuite des efforts pour réduire les coûts et à l'offre de nouveaux services, comme celui lancé en décembre sur les dérivés de crédit. Un premier pas sur les marchés de gré à gré mais probablement pas le dernier.En attendant, le mois dernier, le groupe a vu ses volumes de transactions sur actions reculer de 8,9 % aux États-Unis et de 29,5 % en Europe (en moyenne quotidienne). Or, confrontées à une concurrence accrue, les Bourses n'ont d'autre choix que de rendre leurs tarifs plus attractifs. En Europe, mais aussi aux États-Unis où le Nyse espère revenir cette année à une part de marché de 50 % sur sa propre cote. En janvier, cette part était de 42,3 %, contre 58,4 % un an plus tôt. Mais ces initiatives pour doper la liquidité ne sont pas sans effet sur la performance opérationnelle du groupe. Certes, les produits bruts prélevés sur la négociation, la cotation ou encore la vente de données et de logiciels ont progressé de 19,3 %, à 4,474 milliards de dollars l'an passé. Mais les primes de liquidité se sont envolées de 70 %, à 1,292 milliard (versées pour l'essentiel aux États-Unis), limitant la croissance du résultat opérationnel à 3,5 % (comptes pro forma non Gaap). Sur le seul quatrième trimestre, ce constat est plus flagrant encore : le résultat net a reculé de 21 %, à 137 millions de dollars (52 cents par action, contre 55 attendu), malgré la hausse de 20,8 % des recettes. La marge opérationnelle sur la branche américaine est tombée à 12,5 % sur le trimestre, contre 35 % un an plus tôt. Dans ce contexte, Nyse-Euronext a décidé de suspendre son programme de rachat d'actions.

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