AIG et le risque systémique bancaire

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chronique des tauxAIG, la grande compagnie d'assurances américaine, a perdu 100 milliards de dollars en 2008 et a déjà reçu 180 milliards de la part du Trésor et de la Fed. Elle est arrivée à ce désastre en garantissant des parts, pourtant super prioritaires, de CDO, à hauteur de 500 milliards. Il faut revenir sur ce qu'est un CDO. C'est une sorte de banque miniature, avec à l'actif des crédits divers, subprimes ou autres, et au passif des parts plus ou moins prioritaires. En général, il y a 8 % de parts subordonnées, 12 % de parts prioritaires et 80 % de parts super prioritaires. Pour commencer à écorner ces parts super prioritaires, il faut donc que les crédits aient perdu plus de 20 % de leur valeur. Pour perdre 20 ou 30 % sur ces parts super prioritaires, comme c'est le cas, il faut que les crédits aient perdu environ 40 % de leur valeur. Une subtilité de ces CDO est d'être le plus souvent « synthétiques », c'est-à-dire que l'investisseur (ici, AIG), au lieu de souscrire des parts avec le risque de ne pas être remboursé, passe un contrat d'assurance avec le risque de devoir payer un dédommagement. La principale différence est que la prise de risque est très facile puisqu'il n'est pas nécessaire d'apporter l'argent tout de suite. Les problèmes de liquidité ne se présentent qu'au moment des dédommagements. Pour AIG, ce moment est arrivé. Il lui faut dédommager les banques qui ont monté les CDO. On s'aperçoit alors qu'AIG est au centre d'un risque systémique puisqu'une faillite aurait des conséquences sur tout le système bancaire mondial. Quand AIG indemnise Deutsche Bank, Santander ou Société Généralecute; Générale, l'affaire a des répercussions médiatiques, voire diplomatiques. Voilà ce qui arrive quand un assureur se met à garantir le risque de crédit, c'est-à-dire à faire un métier de banquier. On sait déjà que les règles prudentielles des banques, qui exigent 8 % de fonds propres rapportés aux risques pondérés, soit peut-être 2 ou 3 % rapportés aux risques bruts, sont tout à fait insuffisantes. Que dire alors d'un assureur qui n'est même pas soumis à ces règles de fonds propres ? nAIG est au centre d'un risque systémique puisqu'une faillite aurait des conséquences sur tout le système bancaire mondial. Par Maurice de Boisséson (Octo Finances).

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