Wells Fargo, nouveau géant bancaire

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Alors que la crise du crédit ébranle les marchés financiers, un nouveau géant bancaire vient de naître aux États-Unis. En arrachant Wachovia à Citigroup, Wells Fargo, la banque de San Francisco, devient le numéro un américain en termes d'agences (10.700 points de vente dont 6.675 agences). À l'issue d'une bataille juridique que la Réserve fédérale a interrompue en coulisses, Wells Fargo a repris la banque de Charlotte (Caroline du Nord) pour 11,7 milliards de dollars. Il s'agit d'une offre révisée à la baisse par rapport au prix de 15,1 milliards, proposé une semaine plus tôt, du fait de la chute des valeurs bancaires à Wall Street. Voilà quinze jours, Citigroup avait offert 2,1 milliards de dollars pour reprendre les activités bancaires de Wachovia, au bord de la faillite. Citi disposait de la garantie du gouvernement fédéral qui assumerait toute perte liée à son portefeuille de créances toxiques au-delà de 42 milliards de dollars. Mais quatre jours plus tard, Wells Fargo et Wachovia ont annoncé un accord de fusion sans garantie fédérale. Ce rapprochement inattendu a provoqué la colère de Vikram Pandit, le patron de Citigroup, qui a saisi la justice. Si Pandit a certes décidé d'abandonner son offre, il ne renonce pas pour autant aux 60 milliards de dollars de dommages et intérêts qu'il réclame de Wells Fargo pour l'avoir fait échouer et avoir ainsi contribué à la chute en Bourse du conglomérat bancaire.A LA CONQUETE DE L'ESTConsidérée jusqu'à présent comme une robuste banque régionale, Wells Fargo joue désormais dans la cour des grands. L'acquisition de Wachovia lui permet d'intégrer 448 milliards de dollars de dépôts répartis dans 21 États. L'entité fusionnée comptera donc 6.675 agences, dont beaucoup sont situées sur la côte Est où Wells Fargo n'était pas présente. Elle dépasse ainsi de peu la désormais ex-première banque américaine Bank of America qui détient, elle, 6.139 agences. Wells Fargo va aussi hériter de Wachovia son portefeuille de créances de 498 milliards de dollars, dont celui de crédits à taux variables dits " option ARM ", très risqués, et qui avait soulevé la colère des emprunteurs cet été. Mais certains analystes estiment que Wells Fargo pourrait déduire les pertes liées à ces créances de ses impôts sur les bénéfices et finalement économiser 25 milliards de dollars au cours des prochaines années.

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