L'investissement industriel s'effondre en 2009

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Faire le dos rond en attendant des jours meilleurs. C'est aujour-d'hui l'état d'esprit des chefs d'entreprise. L'enquête trimestrielle d'avril de l'Insee sur les investissements illustre parfaitement la situation. Les investissements dans l'industrie devraient connaître une baisse record (? 18 %), soit une révision à la baisse de 6 points par rapport à la dernière prévision datant de janvier dernier. Si l'on prend la seule industrie manufacturière, la chute sera encore plus rude puisque c'est un effondrement de 21 % qui est anticipé. « C'est colossal et c'est déjà plus que le point bas qui avait été atteint pendant la récession de 1993 », analyse Alexander Law, économiste chez Xerfi. L'automobile (? 24 %) et les biens intermédiaires (? 30 %) sont les secteurs où les baisses atteindront des ampleurs impressionnantes. « Cette révision à la baisse était attendue car elle confirme les mauvais chiffres conjoncturels enregistrés au premier trimestre 2009 », relativise-t-on néanmoins dans l'entourage de la ministre de l'Économie, Christine Lagarde. moteur en pannePour le second semestre, les industriels du secteur manufacturier ne semblent pas enclins à retrouver le chemin de l'investissement. Ils prévoient une réduction de 17 % de ces derniers. Pour les mois qui viennent, l'économie française devra donc tourner sans l'un de ses moteurs. Ceci explique pourquoi le gouvernement va prochainement réviser, à la baisse, ses hypothèses de croissance. Officiellement attendu en repli de 1,5 %, le PIB français pourrait reculer cette année jusqu'à ? 3 % selon les prévisions des derniers organismes internationaux. À côté d'une consommation qui résiste encore, grâce notamment aux gains de pouvoir d'achat conférés par le repli de l'inflation (lire ci-contre) l'investissement pâtit des incertitudes quant au timing de la sortie de crise. Les chefs d'entreprise se concentrent sur leur trésorerie et écoulent les stocks, limitent les frais de personnel et l'investissement, le phénomène étant particulièrement marqué dans les entreprises de plus de 500 salariés. Le gouvernement espère que l'impact de son plan de relance, essentiellement axé sur l'investissement et les entreprises, portera ses fruits dans la deuxième partie de l'année grâce notamment à la politique de grands chantiers.

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