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Les mauvais esprits diront que la France, tombant de moins h...

La Tribune

Publié le 27 mai 2009 à 23:36 - Mis à jour le 27 mai 2009 à 23:36

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Les mauvais esprits diront que la France, tombant de moins haut, absorbe mieux les chocs de la crise. Non que ceux-ci ne soient pas indolores, comme en témoigne la poussée du chômage dans l'Hexagone. Pourtant, cette dernière n'a rien à voir avec celle enregistrée par nos voisins. Alors que depuis le début de la crise le chômage français a crû de 1 point, le nombre de demandeurs d'emploi en Espagne a dérapé, dépassant 17 % de la population active (4 millions de chômeurs). Côté croissance, ou plutôt récession, la France fait plutôt moins mal que ses voisins. Ainsi, Londres table sur une chute de son PIB de 3,5 % en 2009, un chiffre encore optimiste. En Allemagne, le gouvernement d'Angela Merkel pronostique un effondrement de son économie de 6 %. En Espagne, plus personne ne croit à la prévision officielle de ? 1,6 % que Madrid devra nécessairement réviser. Quant à l'Italie, elle a récemment annoncé une récession deux fois plus sévère que prévu pour 2009 (? 4,2 %). De quoi faire passer la France, avec ses 3 petits points de récession, pour la championne de la résistance à la crise.« force » tricoloreRien de surprenant : « les faiblesses de notre économie en période de forte croissance mondiale se transforment en atouts lors d'une récession », analyse Jean-Michel Six, chef économiste Europe chez S&P. Première « force » tricolore : la faible exposition au commerce international. Les exportations représentent 30 % du PIB Français, contre 47 % en Allemagne ou 50 % aux Pays-Bas. « Lorsque le commerce mondial se contracte, la France se montre moins vulnérable que ses voisins », relève Mathilde Lemoine, directrice des études économiques chez HSBC France. Deuxième atout : l'endettement limité des consommateurs et des entreprises. Ainsi, la dette des ménages, ramenée à leur revenu disponible, atteint 100 %, un ratio largement inférieur à celui des ménages espagnols (140 %) ou britanniques (150 %).Même observation du côté des entreprises non financières, dont l'endettement atteint 53 % du PIB en France, soit moitié moins qu'en Espagne. Si on ajoute une épargne replète (plus de 15 %), la France dispose de marges de man?uvre lui permettant de mieux supporter crise et contraction du crédit. Mais ce n'est pas tout. Car l'Hexagone dispose d'un autre atout, primordial pour son économie : le rôle de l'État. « Si la France est moins frappée que ses voisins, c'est parce que son système de protection sociale est un puissant amortisseur de crise », aime répéter Brice Hortefeux, le ministre du Travail. En atteste le niveau des dépenses sociales, qui atteint 23 % du PIB français, contre 20 % en Allemagne ou 10 % au Royaume Uni. Or celles-ci permettent de financer les transferts sociaux (allocations chômage, RSA, etc.), qui viennent soutenir la consommation.Le rôle de l'État ne s'arrête pas là : outre le plan de relance engagé (certes moins important qu'en Allemagne, mais dans la moyenne européenne), l'état employeur offre aussi une garantie contre le chômage à tous ses salariés. Soit près de 9 % de la population active, plus qu'en Allemagne (7 %), Espagne (7 %) ou Italie (5 %). Autant de caractéristiques définissant le fameux modèle social français, aujourd'hui loué par ceux qui le brocardaient hier. « Attention toutefois au revers de la médaille, prévient Sylvain Broyer, responsable du département économie chez Natixis. Au moment de la reprise, la France ne repartira qu'après ses voisins. » Éric Chol

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