E.ON coupe dans les projets de la Snet

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Ballottée ces dernières années au gré des OPA qui ont bouleversé le paysage des électriciens européens, la Snet, ex-filiale des Charbonnages de France (CDF), va connaître la semaine prochaine le sort que lui réserve son tout dernier actionnaire principal, le géant allemand E.ON. Selon nos informations, E.ON va revoir à la baisse le plan industriel de son prédécesseur, l'espagnol Endesa. Celui-ci avait, en 2007, lancé un plan visant à doubler la capacité du troisième producteur français d'électricité en construisant de modernes centrales à gaz sur chacun des quatre sites de la Snet, au c?ur des anciens bassins houillers.Lors du comité central d'entreprise du 25 mars, E.ON France ne devrait confirmer que la centrale de Hornaing. Celles prévues à Montceau-les-Mines et à Meyreuil-Gardanne devraient être abandonnées, au mieux reportées. En Lorraine, Saint-Avold est à l'abri puisque deux tranches y sont en construction. Le projet sur un nouveau terrain à Lacq devrait être maintenu, mais pas celui de centrale à charbon envisagé au Havre.Ces décisions risquent d'être très mal accueillies sur ces sites qui jouent leur avenir, puisque les centrales à charbon actuelles sont condamnées à fermer d'ici à 2015 pour cause d'émissions polluantes trop importantes. « L'arrêt de ces projets serait contraire à l'objectif de pérennisation des sites industriels houillers du pacte charbonnier signé par l'État en 1994 », souligne Jean-Pierre Damm, délégué FO. Pour faire accepter la perspective de la fermeture des mines de charbon en 2005, l'État français a filialisé, en 1995, les centrales thermiques de CDF, en créant la Snet. En 2000, avec la loi d'ouverture du marché français de l'électricité, il a vendu 30 % du capital de la société à Endesa, dans ce qui était présenté comme une première étape. L'espagnol a finalement mis trois ans pour monter à 65 %. Entre-temps, la Snet a souffert d'absence d'investissements et d'un long conflit avec EDF sur le contrat de rachat de l'électricité produite. Les remous ont repris en 2007 quand Endesa, menacée d'OPA par Gas Natural, s'est retrouvée rachetée par l'italien Enel qui a finalement « troqu頻 la Snet à E.ON en 2008.état encore actionnaireLe géant allemand peut difficilement se permettre de déclencher une tempête sociale dans l'Hexagone. Ses ambitions en France sont grandes, même s'il n'envisage pas, selon plusieurs sources, d'acheter Poweo. E.ON aimerait ainsi participer au prochain EPR. Or, l'État est toujours au capital de la Snet via EDF (18,25 %) et CDF (16,75 %). La CGT, très présente à la Snet notamment à Gardanne, ne manquera pas de le lui rappeler. À moins que l'État n'en profite pour dégager des liquidités en revendant ses 35 %. Marie-Caroline Lopez

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