Gordon Brown englué dans la récession

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Gordon Brown entame la pause estivale de la pire des manières. Hier, deux mauvaises nouvelles sont venues s'additionner à sa constante impopularité : les travaillistes ont perdu la circonscription de Norwich North (est de l'Angleterre), lors d'une législative partielle organisée mercredi ; et, au deuxième trimestre, le PIB a reculé de 0,8 % selon les premières estimations publiées hier, soit une performance deux fois plus mauvaise qu'attendu. Pour le Premier ministre, l'espoir d'un rebond de l'économie avant les élections générales, qui doivent avoir lieu en juin 2010 au plus tard, s'amenuise.La défaite à Norwich North était certes prévue, mais son ampleur est inquiétante pour les travaillistes (voir encadré ci-dessous). De même, les chiffres du PIB sont un « choc dur et décevant », selon l'économiste Howard Archer, de Global Insight. Il s'agit du cinquième trimestre de récession de suite, portant le recul sur un an à 5,6 %.railleries des toriesAssurément, la récession ralentit par rapport aux creux catastrophiques de fin 2008 et début 2009 (? 1,8 % et ? 2,4 % respectivement). «?Mais cela met fin à l'espoir que le Royaume-Uni serait déjà sorti de la récession », estime Vicky Redwood, économiste à Capital Economics. En cause : la très forte contraction des secteurs de la construction et de l'énergie. Mais les services, qui représentent l'essentiel du PIB britannique, baissent également de 0,6 %. Résultat, les prévisions économiques officielles, annoncées en avril, sont pratiquement caduques. Alistair Darling, le ministre de l'Économie, tablait sur une récession de 3,5?% en 2009. Mais les experts s'attendent à un recul de près de 5 %. Le déficit public devrait lui aussi s'écarter des 12,4 % du PIB prévus, rendant absolument prioritaire, pour le prochain gouvernement, le rétablissement des finances publiques : le sujet sera au c?ur de la campagne électorale. Déjà, les travaillistes accusent les conservateurs de vouloir réduire les dépenses publiques, sans considération pour l'impact social de la crise. En face, les Tories raillent les promesses intenables du gouvernement. Et si les deux partis convergent sur les priorités (en promettant de ne pas toucher à la santé, à l'éducation, à la défense ni à l'aide aux pays pauvres), la bataille politique s'annonce rude. Les conservateurs partent avec une longueur d'avance, grâce aux 39 % de soutiens que leur accordent les études d'opinion, contre 24 % pour les travaillistes. Gordon Brown espère encore faire mentir les sondages et réussir à inverser la tendance, à l'occasion des traditionnelles conférences des partis politiques fin septembre. Mais voilà deux ans qu'il rêve d'un tel rebond, sans que jamais celui-ci ne se concrétise. n

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