François Pérol se défend face à des députés incisifs

Touché mais pas coulé. François Pérol, patron des Banques Populaires et des Caisses d'Épargne, a minutieusement organisé sa défense sur tous les sujets sur lesquels il a essuyé les tirs nourris des députés membres de la commission des Finances de l'Assemblée nationale qui l'entendaient hier matin. Tout d'abord, sa nomination à la tête des deux banques mutualistes au centre de la polémique a fait l'objet de multiples injonctions politiciennes de la part de certains députés. « Ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui m'a nommé mais les deux groupes », a-t-il insisté. Alors qu'il n'a pas saisi la commission de déontologie, François Pérol s'est justifié en invoquant que sa nomination à la tête des deux groupes intervenait les 25 et 26 février alors que la commission ne pouvait se réunir avant le 11 mars. « Il y avait urgence car Natixis représentait un risque systémique. J'ai décidé que, compte tenu de mes fonctions, de la situation des deux groupes et de l'urgence de désigner un homme neutre, je pouvais ne pas la saisir », a-t-il expliqué à la commission des Finances, présidée par Didier Migaud (PS). « oui, j'ai donné mon avis »Répondant à une question de Michel Sapin, François Pérol a d'ailleurs ajouté qu'il ne saisirait pas non plus la commission lorsqu'il sera nommé président du directoire du nouveau groupe une fois constitué, d'ici au 30 juin prochain.Mais l'ancien conseiller économique de Nicolas Sarkozy a également dû répondre aux accusations des députés, notamment du Parti socialiste et du Modem, pour conflits d'intérêts. « Oui, j'ai donné mon avis sur la fusion au président de la République, mais cela ne veut pas dire que je suis en situation de prise illégale d'intérêt », a expliqué François Pérol. « La fusion est un projet qui est venu des deux banques. Ce n'est pas un projet que j'ai dirigé, contrôlé ou surveillé. C'est la Commission bancaire, le Trésor et Bercy qui ont pris le dossier en main », a-t-il ajouté, sans jamais réellement convaincre la plupart des députés de la commission des Finances. François Pérol a reconnu avoir « conseillé les Banques Populaires lors de la création de Natixis [en 2006, Ndlr] », lorsqu'il était associé gérant chez Rothschild, et avoir « travaillé sur le rachat d'Ixis [qui a fusionné avec Natexis pour créer Natixis, Ndlr] par l'Écureuil », lorsqu'il était directeur adjoint du cabinet de Nicolas Sarkozy à Bercy en 2004. Mais il s'est bien gardé de s'exprimer sur la situation de conflits potentiels d'intérêts dans ces cas précis. La partie ne semble pas terminée, puisque le syndicat Sud des Caisses d'épargne a décidé de saisir la justice sur la nomination de François Pérol.

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