Les Français hésitent à partir en vacances
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Les professionnels du tourisme tentent actuellement d'appréhender les intentions de départs des 6 Français sur 10 qui partent chaque année en vacances. Aujourd'hui, la visibilité sur leurs projets est nulle car les clients réservent majoritairement au dernier moment. Ils hésitent à s'engager financièrement.Faute de certitudes, nombre de professionnels estiment que les Français devraient réduire les dépenses qui ne sont pas obligatoires et, parmi elles, le budget des vacances. Ils en déduisent que les Français pourraient être plus nombreux à rester dans l'Hexagone (9 Français sur 10 choisissent en moyenne leur pays pour leurs vacances) au détriment des séjours à l'étranger, notamment dans les pays du pourtour méditerranéen, principales destinations estivales. Les loueurs de voitures tablent sur ce report et espèrent donc une « légère croissance de leur activité en 2009 », annonce André Gallin, leur porte-parole au sein du CNPA (Conseil national des professions automobiles).« léger mieux » en marsL'examen de la consommation des vacances cet hiver incite plutôt à la prudence. Les Français sont indéniablement moins partis à l'étranger. Les tour-opérateurs enregistrent une chute de l'ordre de 20 % de leurs ventes sur la saison hiver, qu'ils soient positionnés sur le haut ou l'entrée de gamme. Selon René-Marc Chikli, président du Ceto, un « léger mieux » a été enregistré au mois de mars avec une hausse de 5 % à 6 % des réservations. Mais le représentant des voyagistes estime qu'il ne s'agit là que d'un léger rattrapage « qui n'apporte aucune visibilité sur l'ét頻. Selon ses observations, les clients ne se décideront pas avant la fin du mois de juin pour acheter leurs séjours pour juillet et août.Si les Français sont moins partis à l'étranger cet hiver, ils n'ont finalement pas été plus présents sur les pistes de ski (voir encadré) et la France ne semble donc pas avoir bénéficié d'un effet de report. Les spécialistes des vacances en France, comme Pierre et Vacances, ne constatent pas pour le moment un arbitrage profitant aux séjours en France. Actuellement, les réservations chez le spécialiste des résidences de tourisme sont marquées par un « phénomène d'attentisme » après un hiver stable par rapport à 2008.Quelques professionnels échappent à la morosité ambiante. C'est le cas, par exemple, des exploitants de campings. Guylhem Ferraud, président de la Fédération de l'hôtellerie de plein air, estime que « le camping peut être une solution de vacances anticrise ». Le carnet de réservations du numéro un du secteur, le groupe Trigano, est en avance de 11 %. Enfin, les ventes de coffrets loisirs restent dynamiques. Wonderbox, l'un des spécialistes, table sur une croissance de ses ventes d'au moins 50 % en 2009, après un doublement en 2008, à 40 millions d'euros.Dans un contexte de dépenses plus frileuses, on peut prévoir sans risque de se tromper, que le grand gagnant de l'été sera l'« hébergement non marchand », c'est-à-dire les maisons de famille ou d'amis et les résidences secondaires. Habituellement plébiscitées par 7 Français sur 10 partant en vacances, elles auront encore plus de succès cet été. n
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