Alitalia dans la dernière ligne droite

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Le dénouement se rapproche. Le choix du partenaire stratégique pour Alitalia ? une décision appartenant aux repreneurs de la compagnie aérienne italienne en faillite ? entre dans sa dernière ligne droite. Ils décideront, probablement en début d'année qui, d'Air France-KLM ou de Lufthansa, prendra une participation minoritaire dans le capital d'Alitalia, à hauteur de 25 % (soit 250 millions d'euros) pour le groupe français. La compagnie allemande n'a jamais elle précisé le niveau de sa participation dans Alitalia. British Airways est également intéressé mais ne propose aux Italiens qu'un partenariat commercial, sans prise de participation. Partenaire commercial d'Alitalia depuis 2001, Air France-KLM apparaît comme le grand favori et semble en passe de l'emporter. Depuis plus d'un mois en interne, la direction ne cache pas son optimisme sur ses chances d'y parvenir. L'offre tricolore, beaucoup moins risquée que le changement d'alliance qu'imposerait le choix allemand, a les faveurs de la CAI, le consortium d'industriels italiens qui a repris Alitalia le 1er décembre. Selon nos informations, les discussions sont encore montées d'un cran en début de semaine. Elles se sont tenues à Paris. Et ont duré jusqu'à très tard dans la soirée du lundi 22 décembre pour continuer le lendemain. Trois jours plus tôt, le 19 décembre, Pierre-Henri Gourgeon, qui va prendre le 1er janvier les manettes exécutives d'Air France et d'Air France-KLM, avait fait le déplacement en Italie. Depuis le 24 décembre, l'état-major d'Air France est en vacances jusqu'au lundi 5 janvier. Rien ne devrait bouger d'ici là, officiellement. Les derniers détails pourraient être néanmoins finalisés un peu avant. Quoi qu'il en soit, tout accord devra être validé par un conseil d'administration d'Air France-KLM, dont aucune réunion n'est prévue avant le 5 janvier. Pour autant, l'optimisme du groupe français reste mesuré. Tant que l'arbitre n'a pas sifflé la fin des discussions, la partie n'est pas gagnée. Air France-KLM l'a trop appris à ses dépens depuis l'échec de son projet d'acquisition au printemps à la suite d'une multitude de rebondissements. « Avec les Italiens, on ne sait jamais », résume un proche du dossier. Selon le journal italien « Il Messagero », les dirigeants de la CAI devaient rencontrer la direction de Lufthansa après Noël. L'article est paru le 23 décembre pendant que les discussions battaient leur plein avec Air France-KLM, une fuite organisée dans le but de peser sur les négociations n'est pas exclue. Officiellement, Lufthansa, soutenu par le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, est toujours en lice. Et peut toujours chercher à faire monter les enchères.riposte allemandeLa compagnie allemande a beaucoup à perdre dans cette affaire. Ses fortes positions sur le marché italien seraient remises en cause. Aujourd'hui, Lufthansa-Swiss est fortement implantée en Italie avec ses opérations propres ainsi qu'à travers sa filiale Air Dolomiti et son partenaire commercial Air One. Or celle-ci doit fusionner avec Alitalia. Et lui échapperait donc en cas d'alliance avec Air France-KLM. Le groupe français, qui n'a jamais voulu se développer à sa guise sur le marché transalpin (par égard pour Alitalia, fragile) va au contraire disposer d'un partenaire italien représentant près de la moitié du marché intérieur. Lufthansa l'a bien compris. Et a préparé la riposte sans attendre la décision de la CAI sur le choix d'un allié stratégique. Elle vient de créer une compagnie italienne, Lufthansa Italia, qui débutera ses opérations en février.

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