Infogrames envisage d'élargir son capital
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Au bord de la faillite il y a un peu plus d'un an, l'éditeur de jeux vidéo français Infogrames envisage aujourd'hui d'élargir son capital. « La société a entamé une réflexion sur les moyens de son développement futur, et pourrait dans ce cadre et à court-moyen terme faire entrer un nouveau partenaire financier à son capital aux côtés de BlueBay Asset Management », indique Infogrames dans le document visé par l'Autorité des marchés financiers sur les modalités de son offre publique d'échange sur ses obligations remboursables 2008.« Ce partenariat pourrait prendre la forme d'une participation directe ou indirecte, notamment au moyen d'une augmentation de capital réservée », précise la direction du groupe français. Selon elle, « ce processus en est à son début ». Des contacts ont bien été pris avec des investisseurs, mais aucun « n'a donné lieu à une transmission par la société d'informations privilégiées », assure Infogrames.La période n'est pas très propice pour trouver de nouveaux actionnaires. D'un côté, les fonds d'investissement se débattent avec la crise financière. De l'autre, les éditeurs de jeux vidéo sont confrontés à un ralentissement des ventes. Electronic Arts, le numéro un mondial, ou son concurrent américain Take Two, ont récemment abaissé leurs objectifs de résultats.Soutien du fonds BluebayDepuis le sauvetage financier organisé en début d'année 2007, Infogrames est contrôlé par le fonds d'investissement BlueBay Asset Management. Sa participation atteint aujourd'hui un peu plus de 31 %. Le fonds a octroyé à Infogrames, début décembre, un prêt d'actionnaires d'un montant de 30 millions d'euros afin de l'aider à financer le rachat de l'éditeur de jeux en ligne massivement multijoueurs Cryptic. Il s'est également engagé à se porter garant en cas d'échec de la renégociation avec Bank of America d'une ligne de crédit d'un peu plus de 46 millions d'euros. L'arrivée d'un partenaire permettrait à Infogrames d'accélérer sa stratégie de relance éditoriale. Sous la houlette de David Gardner, son directeur général exécutif, l'entreprise essaye en effet de se remettre dans le sens de la marche. Pour rationaliser sa structure de coûts, Infogrames, déficitaire depuis 2000, a supprimé certains postes, restructuré financièrement et racheté l'intégralité de sa filiale américaine Atari, ce qui lui permettra incidemment d'économiser ses frais de cotation. L'entreprise a également signé un accord de distribution exclusif avec Namco Bandai et repris les acquisitions, en rachetant Cryptic. Enfin, Infogrames monte un nouveau studio à Londres. Les efforts de la direction ne doivent cependant pas occulter l'ampleur des défis auxquels est confronté Infogrames. L'entreprise a vu sa perte nette presque doublée sur le premier semestre de l'exercice 2008-2009, à 50 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 132 millions. Les équipes de développement sont très réduites, les studios du groupe ayant été vendus les uns après les autres pour le désendetter, à l'époque où Bruno Bonnell le présidait. Infogrames réalise aujourd'hui plus de 70 % de son chiffre d'affaires dans la distribution de jeux, activité moins rentable que leur création. Il n'a commercialisé cette année qu'un seul jeu développé en propre (au sein de son unique studio Eden), « Alone in the Dark », dont les ventes n'ont pas atteint les 3 millions d'unités espérées.Olivier Pinaud et Olivier Hensge
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