Cinéma : les hommes de l'année
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Raconter l'année 2008 et ses films revient à raconter l'histoire d'une famille. Car derrière les grands films multimillionnaires de ce palmarès se cachent Claude Berri, producteur de « Bienvenue chez les Cht'is », et Thomas Langmann, son fils, producteur d'« Astérix aux Jeux olympiques » et des deux films de la saga Mesrine. Ils tiennent à eux deux trente millions d'entrées entre leurs mains.C'est bien de destins qu'il s'agit. Ce sont eux, les hommes de l'année du cinéma. Eux et personne d'autre. Claude Berri, âgé de 74 ans, règne sur le cinéma français depuis plus de trente ans. Il est le patron, celui que tout le monde respecte et consulte, celui que l'on écoute et que l'on craint. Faire des films est pour lui une seconde peau, un mode de vie, l'oxygène dont il a besoin chaque matin. Pas de journée sans une discussion de cinéma, sans une rencontre pour un film, sans un projet ou un tournage en cours. Les aléas de l'âge et de la vie l'ont souvent et durement frappé. Il passe outre les deuils, les chagrins, la perte des êtres proches (Julien, son fils), les atteintes de la maladie, et il commencera 2009 en réalisant un nouveau film autobiographique, « Trésor », avec Mathilde Seigner et Alain Chabat, une histoire d'amour. La sienne.Thomas Langmann, 36 ans, a joué enfant dans les films de son père. Dire qu'il est tombé dans la marmite est insuffisant. Ayant dans les veines le même sang et les mêmes gènes, il se positionne en héritier d'une passion et d'une tradition, produire. Au risque de se heurter parfois au patriarche dans des affrontements terribles. Mais aussi en donnant l'impulsion à un projet qui peut se transformer en or. C'est Thomas qui expliquera à Claude il y a plus de quinze ans que porter Astérix à l'écran serait une très belle idée. N'ayant jamais ouvert un album de sa vie, Berri a écouté Langmann et il a gagné le jackpot avec Claude Zidi puis Alain Chabat. Résultat : Thomas réalise le numéro trois. Et tant pis s'il marche moins que les deux autres. Après tout, avec les chiffres réalisés sur l'ensemble de l'Europe, ce qui est la clef du projet, les sept millions d'entrées en France sauvent la mise.Le décor de la saga est planté. Après tout n'est que flair, volonté et puissance de travail. Avec le même entêtement face aux résistances et aux embûches. Pour porter au cinéma la vie et la mort de Jacques Mesrine, il faut une dose de folie et de passion qui dépasse l'entendement. La même que pour la suite d'Astérix, où le producteur veut aligner un générique insensé, mêlant les grands noms du sport à Alain Delon et Benoît Poelvoorde. Quand on donne un coup de boule à un agent qui vous refuse son comédien, on peut tout faire !Mesrine se révélera un n?ud de vipères dont un être normalement constitué ne serait pas sorti indemne. Thomas Langmann survit et gagne. Pour peu qu'il récolte quelques césars en février, le succès de Mesrine éclipsera le verre à moitié plein d'« Astérix 3 ».art et commerceQu'on ne dise pas que Claude Berri ne s'intéresse qu'au cinéma grand public. Toute sa vie de cinéaste et de producteur est un balancement entre l'art et le commerce. Quand il lance le chantier des « Cht'is » au sein de Pathé, il vient de produire « la Graine et le Mulet ». Ce grand amateur de peinture contemporaine, qui a préféré parfois vendre ses sociétés ou ses négatifs pour acheter des tableaux, ?uvre sans cesse pour que « le cinéma du milieu », dont parle Pascale Ferran, puisse exister entre la marge et les « blockbusters ». Et à ceux qui s'inquiètent pour l'horizon 2009, il pourra répondre que grâce aux recettes engrangées par ses films et ceux de son fils, le système d'aide du cinéma français, en place depuis André Malraux, permet de déclencher le financement de la production des deux prochaines années. Michel Pascal Ils tiennent à eux deux trente millions d'entrées entre leurs mains.
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