La chute du crédit en Espagne
La Tribune
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Récurrente depuis le début de la crise née des subprimes, la polémique sur le partage des responsabilités dans la paralysie du marché financier ressurgit en Espagne. Et cela alors que le stock total du crédit octroyé par banques, caisses d'épargne et coopératives croît désormais à un rythme de tortillard. Selon les derniers chiffres de la Banque d'Espagne, il n'a augmenté entre juillet et octobre que de 18 milliards d'euros, soit une hausse de 0,98 % à peine. Durant la même période de 2007, alors que la crise avait pourtant déjà commencé à faire sentir ses effets, la progression était encore de 47 milliards, soit + 2,8 %. Plus spécifiquement, le volume total de crédit aux mains des seuls ménages (hors entreprises) a même légèrement baissé (de 0,04 %) au troisième trimestre de 2008.Aussi, les dirigeants patronaux et les principaux partis politiques, tant au pouvoir que dans l'opposition, accusent-ils le système financier de ne pas répercuter auprès des clients les multiples facilités dont il a récemment bénéficié de la part de l'État, c'est-à-dire des contribuables. Ils rappellent que le ministère de l'Économie vient d'injecter, en deux fois, dans le système, entre novembre et décembre, pas moins de 9,3 milliards d'euros dans le cadre d'un programme d'acquisition d'actifs des établissements financiers. Un chiffre qui pourrait atteindre finalement, selon le projet gouvernemental, au total 50 milliards d'euros? soit 4,4 % du PIB estimé pour 2009?! Et l'État s'est en sus engagé à apporter sa garantie à diverses émissions de titres des établissements financiers, et ce, pour un montant qui avoisinera les 30 milliards durant le premier semestre de 2009.franche décroissanceMises ainsi sur la sellette, les banques rétorquent que le ralentissement du crédit ne fait que refléter celui de la demande, et plus précisément de la demande solvable. Et de souligner que le crédit, certes en berne, n'en continue pas moins de croître plus rapidement qu'une économie désormais en phase de franche décroissance. Les établissements de crédit hispaniques rappellent aussi ? appuyés en cela par la Banque d'Espagne ? que c'est précisément leur politique très stricte d'appréciation des risques qui leur a permis de mieux résister que leurs confrères européens à la crise née des subprimes. Et d'ajouter que l'heure n'est pas à un relâchement des exigences alors même que la forte augmentation des crédits douteux et impayés constitue leur grand motif de préoccupation.Un autre élément explique la parcimonie des banques à l'heure de délier les cordons de la bourse?: le pourcentage de leurs crédits couverts par leurs dépôts, qui traditionnellement constituait l'un de leurs grands points forts, commence à s'étioler. Entre août et octobre 2008, il est passé de 80,06 à 77,82 %, élargissant ainsi à 182 milliards d'euros la part des crédits non couverte par les dépôts. Autant d'arguments qui ne suffisent pas toutefois à convaincre les entreprises qui ne réussissent plus désormais à refinancer leur dette, et qui se trouvent au bord de l'asphyxie?!
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