2008, année en contraste pour le cinéma français
La Tribune
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Vive Dany Boon, qui détrône quarante ans plus tard Gérard Oury et « La Grande vadrouille »?! Vive Marion Cotillard, qui succède à Simone Signoret (« Les Chemins de la haute ville » en 1959) grâce à « La Môme »?! Et bravo à Laurent Cantet, qui reprend le flambeau de Maurice Pialat (palme d'or en 1987 pour « Sous le soleil de Satan ») avec « Entre les murs »?! Il fait monter toute une salle de classe sur la scène du Palais des festivals à Cannes, devant un Sean Penn radieux de la surprise et de la pagaille provoquées par son jury. Cette photo de liesse a fait le tour du monde. Du jamais-vu?!À y regarder de plus près, pourtant, le bilan du cinéma français en 2008 est plus contrasté qu'il n'y paraît. Certes, l'année a démarré sur les chapeaux de roue avec « Enfin veuve », la nouvelle comédie signée Isabelle Mergault, avec Michèle Laroque. La confirmation d'un talent lancé en trombe avec « Je vous trouve très beau ». Puis arrivent « Astérix aux jeux Olympiques », fin janvier, et un peu plus tard, le raz de marée des « Ch'tis ». Près de trente millions d'entrées se répartissent sur ces deux films seulement. Parti de si haut, on ne peut que redescendre.retrour manquéLe succès de « Disco » de Fabien Onteniente paraît relatif après celui de « Camping », Philippe Harel manque le retour de ses « Randonneurs », moins drôles à Saint-Tropez qu'en Corse? Et que dire du dernier trimestre où Francis Veber et Étienne Chatiliez, les champions habituels du box-office, apparaissent comme deux éminents perdants du box-office?: « L'Emmerdeur » est le plus mauvais résultat de son auteur, et « Agathe Cléry » atteindra tout juste le million d'entrées, ce qui est peu pour cette ambitieuse production? Avant eux, Agnès Jaoui et Josiane Balasko n'ont pas mobilisé leur public avec « Parlez-moi de la pluie » et « Cliente ». Il faut aussi passer par pertes et profits deux films qui méritaient mieux, « Coluche » et « Musée haut, musée bas ». Les deux bonnes surprises s'appellent « Vilaine » et « Le crime est notre affaire », qui passent (ou vont passer) tous les deux la barre du million de spectateurs. Sans oublier « Mesrine ». Et « Largo Winch » semble bien parti?Malgré le piratage, qui continue ses dégâts impressionnants, la part de marché du cinéma français frôle néanmoins les 50 % (46 % exactement), ce qui est exceptionnel et donne au cru 2008 son label de bonne année. Et ce sont les comédies qui ont pesé le plus lourd dans la balance. D'où, le nombre considérable de titres qui arrivent en 2009 dans le même registre?: le rire ne va pas quitter les écrans français jusqu'à l'été et au-delà.Alors, champagne pour les films nationaux?? L'ombre de la crise empêche le métier de le boire avec insouciance. Le septième art reste une industrie aléatoire, aussi fragile dans ses échecs que surprenante dans ses réussites. Le bilan de cette année se résume en un mot?: contrasté.
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