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Le Trésor américain nationalise en partie Citigroup

La Tribune

Publié le 12 mars 2009 à 00:38 - Mis à jour le 12 mars 2009 à 00:38

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Une ère nouvelle s'ouvre pour Citigroup et l'ensemble du système bancaire américain. Hier, le gouvernement fédéral a annoncé une opération que Wall Street pressentait depuis plusieurs jours déjà : la conversion d'une partie de ses actions préférentielles en actions ordinaires. Cette initiative portera la participation de l'État entre 29 % et 36 % dans le groupe new-yorkais. L'opération sera subordonnée au fait que d'autres détenteurs de titres préférentiels suivent la même démarche. En fonction de leur adhésion, la participation des détenteurs d'actions ordinaires sera ramenée de 100 % à une fourchette comprise entre 43 % et 26 %.phénoménale dilutionCette phénoménale dilution, l'ingérence plus importante que jamais du Trésor dans les affaires de Citigroup, une charge inattendue de 9,6 milliards de dollars au titre du trimestre dernier et la suspension du dividende pour toutes les classes d'actions ont été sévèrement accueillies. À la mi-séance, le titre lâchait 41 %, à 1,45 dollar, sur le Nyse. Vikram Pandit, patron de Citigroup, a pourtant insisté sur le fait que l'opération devrait se révéler salvatrice pour le conglomérat bancaire.La transaction permettra de porter son TCE (« Tangible Common Equity », soit la mesure du volume des fonds propres ordinaires prisée des analystes) de 29,7 milliards de dollars à la fin 2008 à 81 milliards de dollars. « Bien que nous considérions que le ratio de capital ?tier one' demeure l'instrument le plus important pour mesurer la solidité financière des banques, nous reconnaissons que les marchés jugent aussi le TCE comme un outil important », a concédé Vikram Pandit. Et le responsable d'indiquer que, à 11,9 %, le ratio « tier one » de Citigroup demeurait, à son sens, relativement élevé.Il s'agit de la troisième opération de soutien public portant sur le capital de Citigroup depuis l'automne dernier. En octobre, 25 milliards de fonds publics ont été injectés dans l'établissement, suivis par un renflouement de 20 milliards en novembre. En vertu de l'opération annoncée hier, l'État va convertir jusqu'à 25 milliards de dollars de ses titres préférentiels. Mais le directeur financier de Citigroup, Gary Crittenden, a prévenu sur la chaîne CNBC que le gouvernement pourrait, « en cas de besoin », convertir le solde de ses 20 milliards de dollars d'actions préférentielles en actions ordinaires?indignationLe gouvernement n'aura donc pas attendu la conclusion des examens de résistance à la récession (« stress tests ») qu'il mènera jusqu'en avril sur les dix-neuf plus grandes banques des États-Unis pour évaluer les besoins en capitaux de Citigroup. « Nous demeurons totalement en charge des opérations au jour le jour et rien ne change en la matière », assure Vikram Pandit, alors que les marchés hurlent à la nationalisation rampante. « Ce pays traverse rien de moins qu'une révolution économique ! » s'est ainsi indigné sur Bloomberg TV Arthur Levitt, ancien président du gendarme des marchés financiers (SEC). À l'avenir, les marges de man?uvre de la direction de Citigroup se révéleront d'autant plus limitées que le conseil d'administration de la banque s'apprête à être profondément remanié.Éric Chalmet, à New York

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