Berlusconi soigne sa realpolitik envers la Libye

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MéditerranéeMalgré l'émoi provoqué par l'accueil triomphal à Tripoli de l'auteur de l'attentat terroriste de Lockerbie, Silvio Berlusconi sera ce dimanche en Libye. Il rencontrera ainsi pour la quatrième fois cette année le leader libyen. Officiellement, il s'agit de fêter la signature il y a un an du « traité d'amiti頻 entre les deux pays, et non le 40e anniversaire du coup d'État ayant porté au pouvoir le colonel Kadhafi. En Italie, l'opposition critique d'ailleurs surtout la participation des Frecci Tricolori de l'armée de l'air italienne (l'équivalent transalpin de la Patrouille de France) aux cérémonies prévues à cette occasion. Un défilé militaire auquel l'armée française participera aussi, avec un détachement de la Légion étrangère et surtout deux Rafale, que Paris essaie de vendre à Tripoli. Cela fait titrer au quotidien contrôlé par la famille Berlusconi, « Il Giornale », que « la France est prête à piquer des affaires en Libye »?nouveaux contrats en jeuL'attention du président du Conseil italien à l'encontre de Tripoli illustre à nouveau son souci de défendre la position de Rome en Libye. « Nous sommes le premier partenaire commercial de la Libye » rappelle le vice-ministre du Commerce extérieur, Adolfo Urso. Et de poursuivre : « de nouveaux contrats sont en jeu et pas seulement pour les grands groupes italiens : même les PME-PMI auront leur part grâce à quatre districts industriels obtenus en Libye par Confindustria [le patronat italien, Ndlr] ». Premier exportateur vers la Libye avec 21 % des importations de Tripoli, loin devant l'Allemagne (12 % des importations) et la France (7 %), l'Italie a aussi fortement augmenté ses importations de gaz et de pétrole libyens (+ ?27 % en un an), qui sont passées de 12,33 milliards d'euros en 2007 à 15,64 milliards l'an dernier. Cela lui permet notamment de réduire sa dépendance à l'égard du gaz russe. Et l'État libyen est aussi redevenu un bailleur de fonds intéressant pour les grands groupes transalpins en mal d'argent frais : le fonds souverain libyen est entré au capital et au conseil d'administration de la banque UniCredit et vise à faire de même avec le géant de l'énergie ENI, voire avec Telecom Italia. « Le président Berlusconi va en Libye en premier lieu car il est utile à l'Italie d'avoir de bons rapports avec ce pays, qui doit collaborer avec nous pour bloquer des milliers d'immigrés clandestins qui, sinon, pourraient arriver à Lampedusa (Sicile) » explique aussi Fabrizio Cicchitto, le chef du parti de Berlusconi à la Chambre des députés.Depuis que le colonel Kadhafi a décidé d'appliquer au printemps dernier un accord italo-libyen de 2007 de coopération dans le contrôle de l'immigration venue des côtes libyennes, le nombre d'immigrés africains arrivant dans les eaux italiennes sur des bateaux de fortune a baissé de 57 % sur un an. Aussi Silvio Berlusconi veut-il que les quelques rescapés érythréens débarqués récemment à Lampedusa restent une exception.Frank Paul Weber, à Mil

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