La restriction de vente d'alcool inquiète la distribution

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Dans un bel ensemble, cafetiers et enseignes d'hypermarchés se déclarent favorables aux mesures dévoilées par Roselyne Bachelot pour lutter contre l'alcoolisme en France. Dans une interview au Journal du dimanche parue le 13 juillet, la ministre de la Santé a indiqué vouloir faire adopter dès 2009 une loi pour interdir la vente de tous les alcools aux mineurs dans tous les circuits de distribution, banir la tenue d'open-bars dans les soirées étudiantes et fermer les rayons d'alcools dans les stations-service."Toutes les mesures qui vont vers la préservation de la santé de nos clients auront notre assentiment", prévient André Daguin, président de l'Umih (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) dans des propos rapportés par l'AFP. "Nous avions anticipé ces mesures dès mai, en lançant une campagne de sensibilisation sur l'interdiction de vendre de l'alcool aux mineurs", fait valoir Jérôme Bédier, président de la Fédération des entreprises de commerce et de distribution qui représentent les intérêts d'Auchan, de Carrefour et autres Casino.Dans les hypermarchés, l'enjeu est de taille. La grande distribution représente 83,5 % des volumes de bouteilles d'alcool écoulées en France, selon les chiffres de la Fédération française des spiritueux. Les mesures de Roselyne Bachelot contre la vente de boissons alcoolisées aux mineurs risquent donc de se traduire par un manque à gagner. Toutefois, Jérôme Bédier, président de la Fédération des entreprises de commerce et de distribution, en doute. "La prohibition n'a jamais réglé les problèmes. Si un jeune souhaite se procurer de l'alcool, il trouvera le moyen", analyse-t-il."La mesure n'a de sens que s'il y a des contrôles et si on oblige les gens qui vendent de l'alcool à demander une carte d'identité quand il y a le moindre doute pour avoir l'âge" de l'acheteur, reconnaît Claude Got, professeur de médecine, auteur de nombreux rapports sur la santé publique.PAS PRETS A FAIRE DU ZELEOr, les enseignes d'hypermarchés refusent d'investir leurs caissières de cette nouvelle fonction. "Cela serait source de conflits et rallongerait le temps d'attente en caisse", estime Jérôme Bédier. Il y a effectivement fort à parier que, de peur de se faire agresser, les hôtesses de caisse rechignent à exécuter cette tâche un brin policière. Vérifier l'âge de tout acheteur de boissons alcoolisés ne trouve pas non plus grâce aux yeux des distributeurs. "Mieux vaudrait charger des vigiles postés en sorties de caisse que les hôtesses de caisse alerteraient en cas de doute sur l'âge", avance Jérôme Bédier.Les distributeurs d'alcool ne sont donc pas prêts à faire du zèle dans l'application de ces mesures anti-alcoolisme, sous peine de perdre du chiffre d'affaires. Les enseignes d'hypermarchés qui exploitent des stations-service s'interrogent aussi sur l'interdiction d'y vendre de l'alcool. Elles se disent prêtes à retirer de la vente les boissons alcoolisées réfrigérées propres à être consommées sur le champ. Mais, elles rechignent à faire de même pour les boissons à température ambiante qui, disent-elles, relèveraient de l'achat de dépannage.

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