Avec Budweiser, InBev renforce sa suprématie sur le marché de la bière

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L e mouvement de concentration engagé depuis plusieurs années sur le marché de la bière a franchi hier une étape décisive. Au terme d'un long bras de fer, le brasseur belgo-brésilien InBev est finalement venu à bout des réticences de son concurrent, l'américain Anheuser-Busch et de sa célèbre marque Budweiser. InBev (Stella Artois notamment) y a mis le prix. Il a relevé sa proposition initiale de 65 à 70 dollars par titre. Une telle offre représente une prime de 33 % par rapport au cours de clôture de l'action Anheuser-Busch le 22 mai, à la veille des premières informations de presse sur le projet d'InBev. Ce mariage à 52 milliards de dollars va donner naissance à une nouvelle société baptisée Anheuser-Busch InBev, dont le chiffre d'affaires annuel prévisionnel s'élève à 36,4 milliards de dollars, avec une part de marché mondiale en volume de 26 %. Cet accord met un terme à des négociations houleuses, qui ont vu chacun des deux protagonistes lancer contre l'autre des poursuites judiciaires et InBev évoquer sérieusement la possibilité d'une offre hostile. "Le processus a parfois été difficile pour toutes les parties, mais une bonne solution a fini par s'imposer à tout le monde", a reconnu lundi August Busch , PDG de Anheuser-Busch, D'après le New York Times, la situation s'est débloquée dimanche, grâce notamment au soutien de certains actionnaires d'Anheuser-Busch. Ce serait, en particulier, le cas du milliardaire Warren Buffett , deuxième actionnaire du groupe au travers de sa société Berkshire Hathaway et qui pourrait empocher près de 770 millions de dollars.UN POTENTIEL DE SYNERGIES DE 1,5 MILLIARD DE DOLLARS D'ICI A 2011L'envolée du coût des céréales utilisées en quantité dans la fabrication de la bière a accéléré les réflexions d'Anheuser-Busch sur les bienfaits d'une fusion. La faiblesse du dollar face à l'euro a aidé InBev à améliorer son offre. L'accord est donc gagnant-gagnant, selon un cabinet spécialisé dans l'analyse des marchés de boissons, puisque chacune des parties a obtenu gain de cause. Carlos Brito, le PDG d'InBev appelé à diriger le nouvel ensemble, explique que la fusion permettra à son groupe de se développer sur le marché américain, et à son partenaire de s'épanouir hors de ses terres de prédilection habituelles. Et, sur ce point, il y a encore fort à faire puisque le groupe fusionné réalisera encore l'essentiel de son chiffre d'affaires (40 %) aux États-Unis.INBEV ET GRUPO MODELO TOUJOURS EN DISCUSSIONSDe son côté, Anheuser-Busch conserve l'essentiel : son siège central à Saint Louis (Missouri) ainsi que ses 12 brasseries qui resteront opérationnelles. Officiellement, on évoque un potentiel de synergies de 1,5 milliard de dollars d'ici à 2011, réparti équitablement sur les trois prochaines années. Sur le plan financier, la transaction devrait avoir un effet neutre sur le bénéfice par action de l'entité commune en 2009, puis positif à partir de 2010.Cette fusion offre dans l'immédiat de véritables relais de croissance à InBev. Alors que la consommation de la bière stagne sur les marchés occidentaux, le nouveau groupe prend le leadership sur un marché chinois très convoité, où Anheuser-Busch possède 27 % du brasseur numéro un Tsingtao. Les discussions continuent, par ailleurs, entre InBev et le mexicain Grupo Modelo, détenu à 50 % par Anheuser, qui n'a pas encore accepté l'offre de rachat. Modelo dispose, selon la loi mexicaine, d'un "droit de retrait" en cas de changement d'actionnaire. Carlos Brito a toutefois précisé que les discussions avec Modelo "étaient en bonne voie" .

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