Digital Plus suscite les convoitises

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À qui Prisa va-t-il vendre Digital Plus ? À Rupert Murdoch, à Vivendi, à Telefónica ? Depuis l'annonce, le 22 mai, par Juan Luis Cebrián, l'administrateur délégué du groupe de presse espagnol, de sa décision de vendre la chaîne payante de sa filiale audiovisuelle Sogecable, les rumeurs vont bon train dans les quotidiens économiques espagnols et britanniques. Cette opération permettrait à Prisa d'alléger sa dette, qui avoisine les 4,9 milliards d'euros depuis l'OPA de décembre sur les 49,9 % du capital de Sogecable que l'éditeur d' El País ne contrôlait pas encore.Avec un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros en 2007, Digital Plus, né de la fusion, en 2003, de Canal Plus (l'Espagnol) et de Vía Digital, constitue une proie alléchante. C'est elle qui gère le principal portefeuille de clients de la TV payante en Espagne. Et c'est la seule permettant de prendre pied de manière massive sur le marché. Toutefois, la chaîne payante plafonne. Le nombre d'abonnés croît lentement, sans décoller du niveau des 2 millions. Pis, le revenu moyen par abonné a tendance à se réduire, tombant de 47,9 à 45,5 euros entre le premier et le quatrième trimestre de 2007, tandis que le taux de résiliation des abonnements s'est accru (de 10,9 à 11,9 %). En outre, Digital Plus fait face à la concurrence du câble et à l'arrivée prochaine de la TNT.DERNIERES OPPORTUNITESLa vente bute sur le prix. Prisa espérerait en obtenir 3,3 milliards d'euros, ce qui représenterait plus de 1.500 euros par abonné. Le groupe de Rupert Murdoch (News Corp. qui contrôle notamment BSkyB), occupé par ailleurs à la prise de contrôle totale de la chaîne allemande Premiere, serait prêt, selon la presse anglaise, à en offrir 2,5 milliards d'euros. Telefónica, sorti du capital de Digital Plus à la faveur de l'OPA de Prisa, n'exclut pas d'y revenir, car il pourrait dégager davantage de synergies que les groupes étrangers en renforçant son offre de triple play avec la base de clients de Digital Plus. Vivendi reconnaît que c'est l'une des dernières opportunités dans la télévision en Europe occidentale. La bataille est ouverte.

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