Le Pentagone annule le contrat historique remporté par Airbus

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Au terme de quatre mois de polémique, le Pentagone a annoncé hier soir la réouverture de l'appel d'offres initialement remporté par le tandem Northrop Grumman-EADS pour les avions ravitailleurs de l'US Air Force. Le secrétaire à la Défense, Robert Gates, a ainsi relancé les chances de Boeing pour l'un des plus gros ­contrats de l'histoire de l'armée américaine. Le verdict du Pentagone devrait être rendu avant la fin 2008.En février, l'US Air Force avait créé la surprise en confiant le renouvellement de 179 " stations-service volantes " pour un coût de 35 milliards de dollars sur quinze ans au groupe européen et à son partenaire américain. Leur KC-45, une version militarisée de l'A330 d'Airbus (filiale d'EADS), avait été jugé plus efficace et moins coûteux que le KC-767, un dérivé du Boeing 767.Boeing avait alors critiqué la procédure d'attribution du contrat - dont la valeur pourrait être portée à 100 milliards de dollars sur trente ans - et saisi la Cour des comptes américaine, le GAO (Government Accountability Office). Le groupe aéronautique de Chicago, qui a investi 1 milliard de dollars dans le développement de son KC-767, n'a cessé de défendre son appareil. Selon Boeing, il permettrait d'économiser 24 % de kérosène de plus que le KC-45. Alors que Boeing a prévu d'assembler le KC-767 à Seattle, Northrop affirme que son projet créerait 48.000 emplois aux États-Unis. Boeing entend sécuriser et créer 44.000 emplois grâce à son programme concurrent.À la mi-juin, le GAO a jugé que l'armée de l'air avait commis un " certain nombre d'erreurs significatives " susceptibles d'avoir affecté l'issue de son appel d'offres. Le GAO a notamment souligné que l'US Air Force avait mal estimé le coût des propositions des deux équipes, ce qui a fait apparaître plus chère l'offre de Boeing. De fait, la Cour a demandé à l'US Air Force de " rouvrir les discussions ".CLIMAT POLITIQUE CHARGEL'annonce du secrétaire à la Défense ne constitue pas une surprise. Les pouvoirs publics suivent généralement les recommandations du GAO. L'armée de l'air, dont les deux plus hauts responsables ont récemment été limogés, sera exclue de la supervision du nouvel appel d'offres. Sa responsabilité est directement confiée au sous-secrétaire à la Défense.Le Pentagone a pris sa décision dans un climat politique chargé. Au Congrès, les partisans de Boeing avaient promis de s'opposer au financement du KC-45 de Northrop et EADS. Après le verdict du GAO, le candidat démocrate à la présidentielle, Barack Obama, avait aussi appelé à la réouverture de l'appel d'offres . Réagissant à l'annonce de Robert Gates, la direction de Northrop a espéré hier que la nouvelle compétition serait équitable.Affaire EADS : première garde à vue d'un cadre en fonctionsLe patron du site allemand EADS de Dresde, Andreas Sperl, a été placé hier en garde à vue dans l'enquête sur les délits d'initiés présumés au sein du groupe aéronautique fin 2005-début 2006. Alors qu'il était directeur financier d'Airbus à ce moment-là, il a exercé ses stock-options, réalisant une plus-value de 816.000 euros selon l'Autorité des marchés financiers (AMF). Andreas Sperl est le premier dirigeant d'EADS toujours en fonctions à être interrogé sur le dossier.

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