Les perspectives de dépréciations minent le secteur bancaire

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Les déclarations du patron d'UBS annonçant un résultat proche de l'équilibre pour le deuxième trimestre 2008 n'y ont rien fait. Les marchés continuent de voir la banque avec un regard anxieux, d'autant que les nouvelles attentes des régulateurs suisses au regard du niveau des fonds propres des deux grands établissements helvétiques sont venues alimenter l'idée que celles-ci ont encore besoin de capital, au total 70 milliards de francs suisses.Hier, le titre UBS a continué sa plongée, avec une baisse de 2,49 % (- 4,59 % en séance), le titre atteignant son plus bas niveau de dix ans. L'ensemble des investisseurs craint de nouvelles dépréciations pour le deuxième trimestre, alors que la banque a déjà, depuis le début de la crise, enregistré pour 38 milliards de dollars (24 milliards d'euros) de dépréciations d'actifs, détenant ainsi le record européen (et représentant 9,5 % des dépréciations mondiales). Ainsi, les analystes de Citigroup tablent sur un niveau de 2,8 milliards d'euros, tandis que la banque Oppenheimer évoque le montant de 5,1 milliards de dollars. JP Morgan de son côté avançait la semaine dernière un montant de 3,2 milliards d'euros.Depuis la publication il y a trois semaines des mauvais résultats pour le deuxième trimestre de Lehman Brothers, les spéculations vont bon train dans le marché pour évaluer le montant des dépréciations dans l'ensemble des établissements, flux qui ne montre toujours pas de signe de tarissement et mine les perspectives de rebond du secteur. Les prévisions de JP Morgan pour les banques européennes sont plutôt noires : 3,6 milliards de dépréciations attendues pour Deutsche Bank, 1,9 milliard pour la Société Générale, 1,4 milliard pour Natixis, 1,3 milliard pour Credit Suisse, 900 millions pour Crédit Agricole et 700 millions pour BNP Paribas.90 MILLIARDS DE DOLLARS SERAIENT NECESSAIRESUn jeu de massacre qui a touché hier Merrill Lynch : les analystes de Citigroup anticipent des dépréciations de 6 milliards de dollars qui pourraient entraîner une nouvelle perte trimestrielle pour la banque. Hier à mi-séance, le titre perdait 1,35 %. Pour Merrill comme pour nombre d'autres établissements, outre les pertes sur les CDO (collateralised debt obligations), c'est la dégradation continue du marché des rehausseurs de crédit qui constitue le foyer de mauvaises surprises.Dans ce contexte, les marchés ne peuvent qu'anticiper de nouveaux besoins de capitaux propres de la part des banques, malgré parfoisles déclarations rassurantes de leurs dirigeants. Hier les analystes de Goldman Sachs prévoyaient quele montant de capital nécessaireaux banques pour se maintenirà flot s'élevait à 90 milliards dedollars.KBW améliore la notation du secteur bancaire en le portant à " neutre "Malgré des perspectives peu enthousiasmantes, les analystes de Keefe, Bruyette & Woods ont décidé de rehausser la notation du secteur des banques européennes en le passant à " neutre ". Selon eux, le secteur se négocie actuellement à la valeur des capitaux propres des établissements et donc leur potentiel de baisse se trouve de fait limité. Pour autant, les analystes s'attendent pour le troisième trimestre à une dégradation continue des résultats et de la qualité des actifs. Dans ce contexte, KBW a amélioré les recommandations de BNP Paribas et Crédit Agricole SA.

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