Les financières ne perçoivent pas encore le bout du tunnel
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Soixante-quinze milliards de dollars ! C'est le montant de capitaux propres qui serait nécessaire aux deux spécialistes du refinancement hypothécaire américain, Freddie Mac et Fannie Mae, pour faire face aux dépréciations d'actifs à venir, selon les analystes de Lehman Brothers. Cette note, qui met en exergue la difficulté à valoriser les actifs aujourd'hui et l'incapacité à disposer d'un minimum de visibilité, a balayé l'ensemble des valeurs financières, déjà malmenées lundi. Les marchés s'interrogent sur la possibilité de voir émerger un nouveau risque systémique. Car si, jusqu'à présent, les établissements ont réussi à lever massivement des capitaux pour compenser le montant de leurs dépréciations, les nouveaux appels d'argent frais (que les analystes de Goldman Sachs chiffrent pour les banques à 90 milliards de dollars) pourraient rencontrer moins de succès : HBOS, Bradford & Bingley ou encore Fannie Mae en ont fait l'amère expérience.PAS DE FREIN A LA CHUTEAlors que les valeurs bancaires ont encore beaucoup souffert hier, la question se pose de savoir où s'arrêtera la chute. Interrogés sur les banques françaises (hier BNP Paribas a chuté de 1,84 %, Crédit Agricole de 2,65 %, Dexia de 5,54 %, Natixis de 3,61 % et Société Générale de 2,18 %), certains analystes estiment que le point bas se situera lorsque la capitalisation boursière sera équivalente au niveau des fonds propres déduits des survaleurs. Ce seuil approche pour Crédit Agricole SA, mais il a été nettement franchi chez Dexia et Natixis sans que cela freine la chute de leur titre.
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