La Fed soutient les banques d'affaires

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Ben Bernanke tente de rassurer les banques d'investissement tout en durcissant le ton à leur égard. Hier, le président de la Réserve fédérale a prévenu que, compte tenu de la persistance de la crise du crédit, la banque centrale "pourrait" maintenir son guichet d'escompte ouvert aux firmes de Wall Street au-delà de 2008, alors qu'elle devait en théorie le leur fermer en septembre. Mais il a aussi averti que la Fed n'avait pas vocation à soutenir éternellement des établissements qui ont joué avec le feu en s'exposant à des produits financiers risqués. Pour Bernanke, Wall Street doit donc se faire à l'idée que la notion de "too big to fail" ("trop gros pour chuter") sera tôt ou tard dépassée. Il a encouragé le Congrès à "envisager de nouveaux mécanismes" pour procéder à la liquidation d'intermédiaires financiers proches de la banqueroute.Les banques d'affaires dépendant par nature de modèles d'entreprise et de systèmes de financement très variés, Ben Bernanke a concédé que l'élaboration de ces "outils" serait complexe. Mais "un tel effort mérite d'être fourni" pour réformer le système bancaire, a déclaré le président de la Fed. Celui-ci juge que le mécanisme employé pour les banques commerciales par la FDIC, l'agence fédérale qui garantit leurs dépôts, constitue "un possible modèle". En cas de faillite de ce type d'établissement, la FDIC emploie une "banque relais" chargée de sa liquidation de façon méthodique, ce qui évite les risques systémiques. Ceci permet aussi "de minimiser le coût de l'intervention du gouvernement" tout "en renforçant la discipline du marché", a souligné Bernanke.UN TAUX PRÉFÉRENTIEL DE 2,25 %Le débat sur le caractère moral du soutien apporté par la Fed à Wall Street a été ouvert lorsque celle-ci a aidé JP Morgan Chase à reprendre Bear Stearns lors de sa quasi faillite en mars dernier. Dans la foulée, les banques d'affaires ont été autorisées à emprunter directement de l'argent à la Fed, au taux préférentiel de 2,25 %.Même si ces banques ont de moins en moins recours à cette facilité, la Fed reste garante de "la stabilité du système financier" en attendant que de nouveaux mécanismes soient conçus et que la tempête subprime se calme. Au lendemain de l'accord annoncé avec la SEC sur la supervision des banques d'affaires, Ben Bernanke a demandé au Capitole de promulguer "à plus long terme" des lois pour renforcer leur surveillance prudentielle.

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