Le gâchis du procès Messier

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À qui profite la lenteur de la justice française ? Juger huit ans après les faits les dirigeants du Vivendi de la bulle Internet et télécoms ne rime pas à grand-chose. Si ce temps avait été justifié par une instruction compliquée, aux investigations multiples, cela aurait été une explication recevable. Mais les faits et gestes dont Jean-Marie Messier et ses coprévenus sont appelés à répondre tout au long du mois de juin devant le tribunal correctionnel de Paris ont été identifiés, listés et qualifiés depuis de longues années. Or la fonction d'un procès, outre punir ou blanchir les prévenus, et permettre réparation aux victimes, est pédagogique et civique. Les citoyens sont témoins d'un cas d'école jugé en leur nom. Sur ce dernier point, c'est raté, car les Français n'ont qu'un lointain souvenir de ce patron fonceur qui avait réussi à enthousiasmer la Bourse et les magazines people avant de chuter à l'été 2002. Sur le diptyque condamnation-réparation, le temps n'a pas joué en faveur d'une clarification. Le parquet n'accuse plus, et Vivendi est partie civile à Paris, contre Jean-Marie Messier, après avoir fait défense commune cet hiver avec lui à New York. Cet effondrement boursier historique pourrait bien se retrouver juridiquement sans responsabilité établie. Un beau gâchis. Gardons-nous de copier le système judiciaire américain, mais sur un point, il est efficace. Le scandale Worldcom, dont les comptes fictifs sont ébruités en ce même été 2002, a été jugé dès 2005. Enron, qui fait faillite en octobre 2001, a été jugé en 2006 ! Le cas Vivendi n'est pas comparable. Un procès plus tôt aurait justement permis de le comprendre, que Jean-Marie Messier soit pénalement coupable ou non. jbjacquin@latribune.frJean- Baptiste Jacqu

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