La vague de déprime n'a pas épargné les pays émergents

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Heureusement que les actions émergentes ne pèsent toujours que 13 % de la capitalisation boursière mondiale et 2 % à 3 % de l'écrasante majorité des portefeuilles ! En mai, leur accès de mauvaise humeur a été encore plus profond qu'à Wall Street ! Le mois dernier, l'indice MCSI des pays émergents a plongé de près de 10 %, sa pire performance depuis octobre 2008. Le « découplage » boursier n'est pas à l'ordre du jour : quand l'Occident s'enrhume, le reste du monde tousse. La croissance économique a beau rester solide en Asie et en Amérique latine, la crise de la zone euro inquiète ses grands partenaires, qui craignent pour leurs débouchés et leur compétitivité. À cela s'ajoutent des inquiétudes spécifiquement chinoises. Lundi, la Bourse de Shanghai a encore cédé 2,5 % (9,7 % en mai) sur fond de mauvaises nouvelles concernant l'immobilier et les moyens d'en calmer la surchauffe. Sur les marchés, les opérateurs constatent que les compagnies immobilières chinoises se financent à des prix de plus en plus élevés, signe d'une défiance croissante à leur égard. Et sur le plan politique, le Conseil d'État chinois a annoncé lundi avoir approuvé l'idée de réformer l'imposition du secteur, sans en préciser le calendrier ni les mesures. Pékin a déjà fort à faire pour ralentir la distribution du crédit bancaire, mais, quoi qu'il en soit, tout concourt à une modération de l'activité du pays.accumulation d'excédentsSi la machine chinoise s'enraye alors que les moteurs américain et européen tournent au ralenti, voire sont en panne sèche, les investisseurs pourraient bien délaisser les émergents dans un mouvement général de réévaluation des risques : largement exportateurs de matières premières et de produits finis, ces pays accumulent actuellement les excédents, mais ils n'ont pas tous eu le temps d'enrichir suffisamment leurs classes moyennes pour que leur consommation intérieure prenne le relais d'une éventuelle panne de leurs exportations. M. M.

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