« La reconstruction d'Haïti est au point mort faute de coordination »

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Vous rentrez d'une mission de trois jours à Haïti. Quelle est la situation six mois après le tremblement de terre ?Sur le plan humanitaire, les organisations non gouvernementales ont fait un travail remarquable. Ce que nous avons pu voir nous a agréablement surpris. Le tremblement de terre n'a pas débouché sur une crise sanitaire. Il n'y a pas eu d'épidémie. Notre mission a visité des camps humanitaires bien organisés. Nous avons également rencontré des ingénieurs qui évaluent l'état des maisons pour savoir si elles peuvent être réhabilitées ou doivent être détruites. Les 400 millions d'euros alloués à l'aide humanitaire par l'Union européenne (commission européenn et pays membres) sont bien utilisés. Comment se passe la reconstruction ? Sur ce front, en revanche, la situation est affligeante. La capitale Port au Prince reste envahie par les gravas. La communauté internationale a fait venir sur l'île un très grand nombre de bulldozers et de pelleteuses pour dégager les personnes prises au piège dans les bâtiments effondrés juste après le séisme. Mais tout le matériel est reparti, si bien que les Haïtiens dégagent aujourd'hui des montagnes de gravas avec des pelles et des brouettes. A ce rythme, il faudra encore des années. D'autant que personne ne sait où entreposer les gravas. L'Etat ne dispose d'aucun foncier. Six mois après le tremblement de terre, la reconstruction est au point mort.Comment expliquez-vous un tel retard ?Il n'y a aucune coordination. La commission intérimaire pour la reconstruction a vu le jour la semaine dernière. Six mois après le tremblement de terre ! Cette commission est co-présidée par Bill Clinton et le président haïtien René Préval. Elle est composée de représentants des gouvernements haïtien, américain, français, allemand, espagnol et de l'Union européenne. Mais ils en sont encore à travailler sur le règlement interne. C'est pathétique ! Le représentant français est l'ambassadeur de France... à Washington. Et, les représentants du gouvernement haïtien ne semblent préoccupés que par les élections présidentielle et législatives du 28 novembre. Que comptez-vous faire ?Nous allons remettre rapidement un rapport au commissaire européen au développement Andris Piebalgs pour qu'il nomme des gens compétents. Cette commission, qui aurait dû être constitué depuis déjà trois mois, ne tient pas la route. Elle n'a ni plan d'action ni objectif. Il faut encadrer le gouvernement haïtien de professionnels. Le gouvernement a d'autant plus de difficulté à prendre les choses en main que de nombreux ministres ont disparus dans le tremblement de terre. L'Union européenne est l'un des principaux bailleurs de fonds pour la reconstruction (1,5 milliards de dollars promis par l'UE et ses pays membres). Nous nous devons d'être cohérents. michèle striffler, vice-présidente de la commission développement du parlement europée

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