Les relations entre la Chine et les États-Unis à l'ère de la loi du talion

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Les pressions en vue d'une réévaluation du yuan vont « nuire gravement » au commerce sino-américain, a menacé jeudi la Chine, ajoutant qu'elle « s'oppose fermement » au projet de loi prévoyant des sanctions contre les produits chinois aux États-Unis. La Chambre des représentants américaine a voté, à une très large majorité, mercredi, pour ce texte qui prévoit des droits de douane punitifs contre les produits chinois aux États-Unis, si la Chine ne laisse pas s'apprécier significativement sa monnaie. Avant de s'appliquer, le projet de loi doit être approuvé également par le Sénat américain, dont le vote n'aura lieu qu'après les élections et dont l'issue semble beaucoup plus incertaine.Il n'empêche, la Chine doit se sentir d'autant plus agressée que, depuis deux semaines, elle multiplie les gestes d'apaisement, aussi modestes soient-ils. Après avoir mis fin, en juin, à l'arrimage du yuan au dollar, qu'elle avait rétabli à la mi-2008 pour se protéger de la crise financière mondiale, Pékin avait restauré une petite marge de fluctuation de sa monnaie, de plus ou moins 0,5 % par rapport au billet vert, autour d'un cours pivot fixé quotidiennement par la banque centrale. Et pas plus tard que mercredi, la Banque populaire avait promis une flexibilité accrue du yuan, fixant son cours de référence à son treizième record consécutif, à 6,6930 pour un dollar. Depuis début septembre, la monnaie de l'ex-empire du Milieu affichait une progression de 2,12 %, sa plus forte hausse mensuelle depuis la réévaluation de 2005. Revancharde, la banque centrale n'a pas attendu pour appliquer la loi du talion. Pour la première fois depuis la mi-septembre, le yuan s'est affaibli hier. L'institut d'émission a (délibérément??) fixé le cours de sa monnaie à un niveau plus faible que la veille, à 6,7011. Pas plus hier qu'aujourd'hui la Chine n'est prête à se laisser dicter sa conduite. Pour Stephen Roach, le patron renommé de Morgan Stanley Asie, les États-Unis ont choisi la mauvaise approche, car le texte de loi américain contre la Chine ne résoudra pas le problème du déficit commercial et du chômage américains. Isabelle Croizard

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