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Ecoutes : l'impérialisme américain 2.0

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Publié le 01 juillet 2013 à 21:03 - Mis à jour le 01 juillet 2013 à 21:03

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Tout le monde écoute tout le monde et il n\'y a pas de raison que çela change. C\'est en substance ce que Barack Obama a répondu ce lundi à tous ceux qui s\'offusquaient des révélations du désormais intouchable Edward Snowden, via le Spiegel puis le Guardian, sur les grandes oreilles installées par la NSA dans des bâtiments officiels européens. : 38 ambassades et missions diplomatiques sont décrites comme des « cibles » par le document divulgué. Les cyniques, les cinéphiles et les amateurs de séries américaines se retrouveront pour dire qu\'il n\'y a là rien de bien surprenant. Après tout, l\'espionnage est une pratique reconnue dans les relations internationales et, comme l\'a rappelé John Kerry, le secrétaire d\'Etat américain, tous les gouvernements ou presque ont recours à « de nombreuses activités » (sic) pour sauvegarder leurs intérêts et leur sécurité.La NSA s\'est senti pousser des ailesSauf que. Sauf qu\'en l\'espèce, la partie est de plus en plus inégale. On l\'a vu il y a moins de quinze jours avec les premières révélations de Snowden concernant l\'accord entre les services américains et les géants du numérique rendant quasiment naturelle la communication de données personnelles de tous les internautes de la planète à la NSA. Une NSA qui s\'est senti pousser des ailes après les attentats du 11 septembre 2001. Accusés de ne pas avoir vu venir ce péril, les services de renseignement ont non seulement investi à tout va pour contrôler l\'espace numérique mais aussi bénéficier du Patriot Act, décrété par George Bush et toujours en vigueur, qui permet peu ou prou à l\'Etat fédéral de faire ce qu\'il veut au nom des intérêts supérieurs du pays en dehors de tout cadre légal. Des libertés bien comprisesC\'était bien mal connaître l\'Amérique que d\'avoir crû qu\'un Barack Obama, même habité par les meilleurs sentiments, puisse changer profondément son logiciel. S\'il est une nation à laquelle s\'applique à merveille les mots du Général de Gaulle - « les Etats n\'ont pas d\'amis, ils n\'ont que des intérêts » - c\'est bien celle qui a par ailleurs inscrit en tête de sa constitution les bases de ce que doit être l\'exercice d\'une liberté individuelle totale. Libertés bien comprises donc, dès lorsque que les Etats-Unis y trouvent leur compte. Liberté d\'être ou de s\'estimer le défenseur ultime de son modèle, donc de celui de la planète démocratique. Liberté conquise grâce à la toute puissance d\'un monde numérique qu\'elle contrôle encore grâce à ses géants, grâce à son marché unique qui leur permet de grandir pour mieux dominer leur sujet et leur business. Tout ultimatum a peu de poidsLa réaction de François Hollande - \"Nous demandons que cela cesse dans les meilleurs délais, j\'allais dire immédiatement\"- , celles de quelques responsables bruxellois, étaient certes nécessaires, en ce qu\'elles ont vocation, c\'est déjà ça, à montrer aux Européens que l\'on ne reste pas inerte, sans voix, face à ce qu\'est la nouvelle nature de l\'impérialisme américain. Mais elles apparaissent bien vaines. Dès lors que l\'on se prête aux mêmes pratiques, même à notre modeste niveau, tout ultimatum a peu de poids. Quant à imaginer un front commun européen, mieux vaut l\'oublier. Le silence assourdissant de bien des chancelleries, notamment celui de Londres, allié historique du grand frère américain via notamment le système Echelon, nous rappelle qu\'en matière de renseignement, la règle du « chacun chez soi et les moutons sont bien gardés » prévaut toujours. Fermez le ban et ouvres vos \"grandes oreilles\".

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