Quand une entreprise espagnole refuse de commercer avec des Catalans...

 |   |  406  mots
On imagine la surprise des dirigeants de l’entreprise catalane de confection Joti, basée à Vilanova D’Escornalbou, petit village à l’ouest de Tarragone (Catalogne), lorsqu’elle a reçu ce fax d’un de ses clients galiciens. Un message qui annonçait l’annulation d’une commande prise voici un mois… en raison de «l’attitude des gouvernants catalans!»Pas de commerce avec les CatalansSelon El Pais, le quotidien madrilène qui révèle l’affaire, le fax annonçait que l’entreprise de Galice «a décidé de suspendre tout achat aux entreprises catalanes compte tenu de l’attitude de mépris des gouvernants catalans envers la Galice.» Le patron de Joti, petite entreprise familiale qui réalise un million d’euros de chiffre d’affaires, et dont 20% des clients sont galiciens, se désole: «nous ne faisons pas de politique, nous voudrions seulement travailler en paix.»La question de l’indépendance ouverteLe chef du gouvernement catalan, Artur Mas, a provoqué des élections anticipées dans la région le mois dernier. Le scrutin aura lieu le 25 novembre, et Artur Mas a souhaité en faire un vote sur la question de l’indépendance de la Catalogne. Si les partis indépendantistes sont majoritaires, il a prévenu qu’il organiserait un référendum sur le sujet. La tension entre Barcelone et le reste de l’Espagne est donc de plus en plus vive.La Galice en ligne de mireDans ce cadre, la polémique a souvent été très dure avec la Galice, une communauté autonome qui dispose également de sa propre langue, mais qui est un bastion du Parti Populaire de Mariano Rajoy. Madrid fait de la Galice un exemple d’une communauté bien gérée et ne prétendant pas à l’indépendance. A la grande fureur d’Artur Mas qui a multiplié les attaques contre La Corogne. Il a ainsi durement attaqué la décision de Madrid de maintenir la ligne ferroviaire à haute vitesse vers la Galice et a souvent affirmé que la bonne gestion galicienne s’expliquait surtout par les subventions de l’Etat central et des autres régions. Ce à quoi Alberto Nuñez Feijóo, le président galicien, a répondu: «à présent la Galice paie et la Catalogne reçoit.»Cette anecdote montre qu’en pleine crise économique et financière, l’unité espagnole demeure de plus en plus problématique.  

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :