Inflation : la grande peur des Allemands

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Il est des mots qui inspirent instantanément la crainte. En Allemagne, l’inflation en est un. Même si l’immense majorité des Allemands n’en ont pas connu la portée. Le taux d’inflation, souvent supérieur aux 2% depuis le début d’année en Allemagne, et l’explosion récente des prix à la pompe, ont ravivé les craintes des Allemands pour leur épargne. D’après la dernière étude sur le comportement des consommateurs allemands des groupes Axel Springer et Bauer Media Group, la peur de l’inflation se fait ressentir dans les portefeuilles d’investissements. Pour l’ensemble de la population sondée, les premiers choix d’investissement sont: le livret d’épargne (68%), l’assurance vie (41%), et l’immobilier (20,4%). Seuls 6,6% sont prêts à investir sur le marché actions. Parmi les sondés habitués aux placements, ils souhaitent investir en priorité dans le foncier (11,4%), les dépôts à terme (10,5%) et l’or (8,8%). Une aversion au risque qui conduit une majorité des Allemands à investir dans des produits financiers qui assurent un revenu garanti et de faibles pertes potentielles.Immobilier, matériaux et pierres précieuses en hausses«Face à la peur croissante de l’inflation, on assiste à une véritable «renaissance» des valeurs défensives comme l’immobilier ou l’or chez les particuliers», confirme à La Tribune Michael Lange, associé-fondateur en gestion de patrimoine chez Langer GmbH. 30% des épargnants souhaiteraient acquérir un bien immobilier, révèle par ailleurs un sondage réalisé par les Caisses d’épargnes allemandes. L’immobilier, un réflexe courant qui peut toutefois se montrer dangereux si les conditions ne sont pas réunies, notamment la capacité à répercuter la hausse des prix (et donc des coûts) sur les loyers. Phénomène plus récent, les Allemands seraient de plus en plus séduits par les pierres et métaux précieux. «Nous remarquons chez les exposants un intérêt toujours plus fort des visiteurs pour les pierres précieuses, comme placement alternatif», note ainsi Daniel Ravaszle porte-parole du premier salonde pierres précieuses, à Munich.Visite de Mario DraghiMario Draghi, conscient de l’impopularité de son programme de rachat de dettes publiques par la Banque Centrale Européenne (BCE) en Allemagne, est venu rencontrer les députés allemands mercredi dernier. «Le programme ne conduit pas à de l\'inflation. Nous avons conçu nos opérations pour que leur effet soit neutre sur les conditions monétaires», a marteléle président de la BCE. Mais l’accroissement continu de la taille du bilan de la BCE (à l’image de la Fed, de la Banque Centrale d’Angleterre et du Japon) laisse les commentateurs allemands sceptiques. Alors la peur de l’inflation est-elle légitime? Elle pourrait l’être si la reprise intervenait plus rapidement que prévu et que les banques centrales continuent à inonder le marché de liquidités. «En même temps, cela fait quatre ans que les Allemands se convainquent d’un retour en force de l’inflation qui n’est jamais venu, ce qui les a poussé à faire de mauvais arbitrages», conclut Michael Lang.Pour aller plus loin : Le spectre de l\'inflation ne plane pas sur l\'Europe.

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