Le monde latino a confiance en ses forces

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« La crise, nous l'avons à peine vue et, en plus, elle n'avait, pour une fois, rien à voir avec nous ! » Ce constat, émanant des différents invités du Foro de Biarritz, qui réunissait récemment, sous l'égide de la ville du même nom, les pays latino-américains et l'Union européenne à Quito, a été unanime. Certes, l'Argentine a vendu moins de soja à la Chine cette année et les remises de fonds des Équatoriens partis à l'étranger ont été écornées. En moyenne, le volume des exportations régionales devrait reculer de 11 % cette année. Et, faute de liquidités, les investissements directs étrangers baisseront de 35 % à 45 %. Cependant, alors que la région avait été victime de crises économiques à répétition jusqu'au début des années 2000, elle a été relativement épargnée cette fois-ci. La contraction de l'activité ne devrait ainsi s'afficher qu'à 1,6% cette année. D'abord, parce que, dans le sillage des crises passées, le système bancaire, peu ouvert aux subprimes et autres produits risqués, a moins souffert que le secteur financier d'autres régions du monde, et ensuite parce que les politiques adoptées de Brasilia à Lima, libérales mais également sociales, ont permis à une nouvelle demande interne d'émerger, faisant quelque peu rempart à la crise de la demande extérieure. un axe brésil-chili-pérouAutant d'éléments qui laissent penser que l'Amérique latine est mieux armée aujourd'hui qu'hier pour renouer avec la croissance à l'avenir. « La zone entamera un nouveau cycle d'expansion en 2010, prévoit ainsi Alfredo Coutino, chez Moodys.economy.com, à Philadelphie. À partir de 2011, les taux de croissance devraient au moins atteindre leur potentiel, soit 4 % par an. » Les experts de Natixis, à Paris, sont un peu moins optimistes. Se fondant sur les mêmes raisons, cependant, ils tablent sur une croissance de 2,7 % pour 2010 et de 3,5 % pour 2011. Avec des nuances : le Brésil, le Chili et le Pérou devraient ainsi se montrer très dynamiques, tandis que le Mexique souffrira encore à moyen terme. Lysiane J. Baudu

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