Les groupes du CAC 40 réduisent leurs engagements

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La crise a eu un impact considérable sur les engagements de retraite des entreprises. L'enquête annuelle de Mercer sur ces engagements au sein des entreprises du CAC 40 montre en effet une baisse importante des taux de financement de ces régimes à fin 2008. Celui-ci est passé de 72 % en moyenne fin 2007 à 62 % douze mois plus tard. Fin 2008, les engagements des entreprises du CAC 40 s'élevaient à 170 milliards d'euros, « soit 24 % de la somme de leurs capitaux propres », selon l'enquête. Un an auparavant, les engagements étaient équivalents à 180 milliards d'euros, tandis que les actifs de couverture ressortaient à 105 milliards d'euros en 2008 contre 125 milliards à fin 2007. La baisse des actifs de couverture est liée exclusivement à la dégradation des marchés financiers et notamment des marchés actions. Par conséquent, l'allocation d'actifs des investissements réalisés pour faire face aux pensions à verser s'est modifiée mécaniquement. En 2005, les actions représentaient 51 % de l'allocation d'actifs contre 38 % pour les obligations. La relation s'inverse en 2008, les actions représentant 33 % de l'actif contre 51 % pour les obligations. La baisse de la proportion des actifs risqués correspondrait toutefois à une tendance de fond. « Les sociétés cherchent depuis plusieurs années à réduire les risques, cela passe notamment par une diminution des investissements en actions et une plus grande diversification des actifs », indique Camille Siebering, consultant chez Mercer. Pour la même raison, les investissements dans la gestion alternative auraient tendance à augmenter. « La hausse des investissements alternatifs traduit notamment une plus grande prise en compte par les sociétés des risques de marché et un véritable souhait de diversification des supports d'investissement », indique l'enquête. Si l'allocation d'actifs peut constituer un moyen pour piloter l'évolution des engagements des entreprises, il n'est pas le seul. risque de longévit髠Au-delà des risques de marché, les entreprises cherchent également à se couvrir contre certains risques spécifiques, comme le risque de longévité ou encore le risque inflationniste, explique Camille Siebering. Pour cela, elles vont jusqu'à modifier dans certains cas le régime de retraite en plafonnant, par exemple, la revalorisation future des droits à retraite ou encore en lissant sur une durée plus longue les salaires de référence pris en compte dans le calcul des prestations de retraite. » Ces stratégies expliquent notamment la diminution des engagements de retraite des entreprises. La crise aurait ainsi accéléré le désengagement de celles-ci. « On assiste à une accélération des fermetures de régime à prestations définies au profit de régime à cotisations définies, relate le consultant. Les entreprises ont aussi tendance à externaliser les prestations de retraite en achetant des rentes auprès des compagnies d'assurance. » Quand elles ne suppriment pas tout simplement les régimes de retraite facultatifs.Rachel Montero

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