Jean Merlaut  : « Si j'aime, j'achète et je vends »

 |   |  562  mots
vinsUne crise n'empêche pas d'entreprendre. En 1973, Jean Merlaut reprend sous sa coupe Château-Dudon, une propriété familiale. Il était alors courtier d'assurances et avait commencé par vendre son vin en faisant du porte-à-porte. Puis il se lance dans la vente par correspondance, une fois sa clientèle établie. Fidèles et appréciant son sens du service, ses clients le sollicitent pour d'autres tâches. « Vous ne pourriez pas me trouver un bon côtes-de-bourg ? » demandent les uns. « Vous ne pourriez pas me trouver un bon saint-émilion ? » questionnent les autres. Pour satisfaire cette demande populaire, Jean-Merlaut crée une société de négoce en 1978, avec un capital de 20.000 francs. ll se promet de ne pas déroger à la règle qu'il se fixe : « Dans les bons restaurants, le chef mange sa cuisine, confie-t-il. Moi, j'ai décidé de ne vendre que les vins que je bois ». Le même sens du goût lui impose de ne sacrifier aucun détail dans son travail de vigneron. « Contrairement au cuisinier, souligne Jean-Merlaut, on ne fait qu'un plat par an. Si c'est mauvais, on ne peut pas le mettre à la poubelle. »Pour ne rien laisser au hasard, il goûte non seulement le raisin mais aussi le bois qui servira à faire les tonneaux. Il prend des copeaux, les mâche et essaye de déterminer comment le chêne se comportera avec le vin. Une autre de ses techniques consiste à faire infuser pendant une nuit un copeau dans un mélange d'eau et d'alcool. Le lendemain, il goûte. « Si c'est astringent, j'élimine. Si cela me semble positif, je garde », confirme ce laborantin gustatif. domaines prestigieuxCe sérieux lui a valu de devenir consultant dans le domaine de la viticulture. Pendant les années 1980, il conseille des assureurs qui veulent investir dans le vin alors que des propriétaires de domaines prestigieux veulent passer la main. En 1993, il gère la propriété de sa s?ur, Château Chasse-Spleen. Puis il prend sous sa coupe Haut-Bagès-Libéral-Ferrières et d'autres propriétés, dont Grand-Puy Ducasse. En 1997, il rachète Château Gruaud-Larose, qui est déjà en vente depuis un certain temps. Le vendeur ? Alcatel. Allez donc savoir ce qu'un pilier du CAC 40 spécialiste des équipements de télécommunications était allé faire dans le vin... Qu'importe. Jean Merlaut garde secret le montant de la transaction mais, au bout du compte, cela ne lui aura pas coûté trop cher. Les stocks ont largement couvert le coût d'achat. Rebelote en 2004, avec les vignes de Malagar, la propriété de François Mauriac. La famille a fait don de la maison au département. Le vignoble appartient à Suez, qui ne sait qu'en faire. Jean Merlaut reprend les vignes pour 1 euro symbolique et se met à la tâche. Ses premières cuvées sont prometteuses?Sa société a été une des premières à utiliser le Minitel. Depuis, elle est passée sur Internet. On trouve sur son site marchand (www.jean-merlaut.com) de véritables trésors. Des vins, donc, que Jean Merlaut aime boire, comme Château Peyfaure (39 euros les six bouteilles), la cuvée Jean-Baptiste Dudon 2000 (94,80 euros les 12 bouteilles), Château Puygueraut 2006 (126 euros les 12 bouteilles), château Pavie-macquin 1997 (522 euros les 12 bouteilles), château Feytit-Clinet 2001 (552 euros) et Château Margaux 2001 (1.506 euros les 6 bouteilles).

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :