Industrie, quand l'état s'en mêle

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cite>Areva T&D, le fabricant d'équipements pour les réseaux électriques, restera entre des mains françaises. L'État, propriétaire de 93 % du capital du groupe nucléaire, en a décidé ainsi. Pourtant, l'offre du tandem vainqueur, Alstom-Schneider, n'était pas la mieux-disante. Pourtant, les salariés et le management d'Areva T&D avaient clairement dit leur opposition à ce projet qui aboutira, selon les dirigeants de la filiale, à « un démantèlement dont les premiers gagnants seront ABB et Siemens ». Pourtant, enfin, GE et Toshiba n'avaient pas ménagé leurs efforts pour défendre leurs offres respectives : le patron du conglomérat américain, Jeffrey Immelt, avait rencontré Nicolas Sarkozy le 26 octobre pour réitérer sa promesse de maintenir l'intégrité d'Areva T&D, avec son siège social en France ; et le ministre japonais de l'Industrie avait écrit la semaine dernière à Christine Lagarde pour appuyer Toshiba et dire sa « confiance sur la façon dont le gouvernement français conduirait cette privatisation ». En vain.Mais le choix n'a guère surpris. Depuis le début de ce processus de vente, il semblait à peu près certain que Nicolas Sarkozy ne laisserait pas filer entre des mains étrangères cette « pépite », cédée en 2004 par Alstom à Areva. Le président de la République a toujours fustigé l'inefficacité de l'État lors de l'assaut de l'indien Mittal, en 2006, sur le sidérurgiste Arcelor ; et plus encore son silence total lors du rachat, en 2003, de Pechiney par Alcan, le géant canadien de l'aluminium. Plus question, désormais, d'abandonner ainsi des « champions nationaux ». Loin de penser que « l'État ne peut pas tout », il met volontiers en avant sa propre action à Bercy : le soutien apporté en 2004 à Sanofi pour la reprise de son rival allemand Aventis ; et, surtout, le sauvetage d'Alstom, à l'été de cette même année.Fort de ces deux succès, le chef de l'État fait preuve, depuis son élection, d'un indéniable volontarisme industriel, encore exacerbé par la crise. Le Fonds stratégique d'investissement a été créé l'an dernier dans cette optique. Entré depuis au capital de plusieurs dizaines d'entreprises, il est aujourd'hui sollicité sur plusieurs dossiers, comme celui de l'armateur CMA CGM, mis en difficultés par sa très lourde dette.Mais ce n'est pas le seul instrument. Tous les relais de l'État sont mis à contribution. Pas un dossier emblématique ou médiatique ne doit échapper à la vigilance. Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, est ainsi sur tous les fronts. Il sermonne les dirigeants de Molex qui fermeront quand même leur usine de Villemur-sur-Tarn ; il tente de convaincre un groupe de Dubaï de reprendre le site Continental de Clairoix, mais sans succès ; il se félicite à l'été de la reprise du carrossier Heuliez par Bernard Krief Consultants avant de se dire à l'automne « très préoccup頻 du fait que ce repreneur n'apporte pas les fonds promis. Mais reste muet sur le sort des 1.300 salariés d'Altis, la coentreprise entre IBM et Infineon qui veut fermer son usine de Corbeil-Essonnes à la fin de l'année.À l'évidence, la politique industrielle est de retour. Au risque, toutefois, d'une certaine confusion.

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