Dilma Rousseff devra poursuivre l'expansion du Brésil

Sur la bavette du siège avant, les passagers des A320 d'une compagnie brésilienne peuvent lire la prédiction de la Banque mondiale, relayée par le président Lula : de huitième puissance mondiale, le Brésil deviendra la cinquième d'ici aux Jeux olympiques de 2016 de Rio de Janeiro, peut-être même avant. Samedi, c'est donc à la tête d'un géant émergent qu'a été investieDilma Rousseff. Lors de son discours, elle a tenu à rappeler que le peuple a eu l'« audace d'élire une femme pour la première fois, après un ouvrier ».L'héritage de Luiz Inácio Lula da Silva est lourd à porter : l'ancien métallo jouit d'une popularité de... 87 %. Dilma, comme tout le monde l'appelle, le revendique : elle a clairement placé son gouvernement sous le signe de la continuité, en maintenant dix ministres du gouvernement sortant - notamment le titulaire des finances, Guido Mantega. Elle hérite d'un pays en pleine croissance : 7,6 % en 2010, avec un chômage au plus bas, à 5,7 %, devenu grand exportateur de matières premières : café, sucre, jus d'orange, viande bovine, minerai de fer et, bientôt, pétrole, grâce aux gigantesques gisements découverts au large du pays. Sur le terrain diplomatique, Dilma revendique aussi l'héritage de Lula, en exigeant comme lui une refonte du Conseil de sécurité de l'ONU, et la liberté de dialoguer avec tous, de l'Iranien Mahmoud Ahmadinejad à la secrétaire d'État Hillary Clinton, en passant par le Vénézuélien Hugo Chavez. Comme lui, elle bataillera au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) contre « le protectionnisme des pays riches », a-t-elle affirmé samedi. Et si elle reconnaît que la grande transformation de l'ère Lula est l'émergence d'une classe moyenne de près de 100 millions de Brésiliens, grâce à la politique sociale, elle veut faire plus : « Je mènerai une lutte obstinée pour éradiquer la pauvreté extrême. » Pour cela, la croissance est une priorité, tout comme la politique sociale, avec un impératif qui sonne comme une nouveauté : protéger l'environnement, « une mission universelle pour le Brésil », considère-t-elle, ajoutant que son pays n'attendra pas que les grandes puissances signent un accord mondial pour s'engager. Autre chantier de taille : accélérer l'investissement dans les infrastructures, pour éviter que la croissance s'enraye, et surtout maintenir la compétitivité des produits brésiliens. L'engouement des investisseurs internationaux, attirés par des taux d'intérêts record, a son revers : il dope artificiellement le real, la monnaie brésilienne, et fait plonger les exportations. Lula évoquait une guerre des monnaies menée par les États-Unis et la Chine, c'est désormais au tour de Dilma de dégainer les armes pour se défendre.

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