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Affaire Cahuzac : un dégât collatéral pour François Hollande

La Tribune

Publié le 02 avril 2013 à 21:04 - Mis à jour le 02 avril 2013 à 21:04

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Au-delà des rebondissements de l\'affaire, Jérôme Cahuzac restera comme le ministre qui aura menti au président de la République. Inculpé pour \"blanchiment de fraude fiscale\", l\'ancien ministre du Budget, pilier du gouvernement Ayrault, vient de causer un tort terrible à François Hollande qui n\'avait pas besoin de ça en ce moment. Après que l\'affaire a été révélée le 4 décembre 2012 par le site Mediapart, le ministre n\'a eu de cesse de nier les faits. Et le Président l\'a soutenu. Le 8 janvier dernier encore, l\'entourage de François Hollande faisait savoir : « Il n\'y pas d\'éléments qui amèneraient à changer la situation de Jérôme Cahuzac. Il est membre du gouvernement, par définition, il a le soutien du président et du Premier ministre. » C\'est (trop) tardivement, le 19 mars, que le président acceptera la démission de son ministre, alors que le parquet venait d\'ouvrir une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale ».Une réaction présidentielle trop tardive ?Jérôme Cahuzac a d\'ailleurs pris d\'un coup conscience des dégâts provoqués. Dans un communiqué, il se dit \"dévasté par le remords\" et avoir \"été pris dans une spirale du mensonge\". Surtout, fait rarissime de la part d\'un ancien ministre, «il demande pardon à Monsieur le président de la République, au Premier ministre, à mes anciens collègues de gouvernement pour le dommage que je leur ai causé ». Un tel acte de contrition est d\'autant plus étonnant quand l\'on connaît la personnalité de ce chirurgien de profession : rude, vif et en apparence très sûr de lui. L\'on se souvient que Pierre Bérégovoy, l\'ancien Premier ministre de François Mitterrand, qui s\'est suicidé le 1er mai 1993, portait en lui un immense sentiment de culpabilité. Persuadé que sa politique était responsable du désastre socialiste aux élections législatives. Mais, jamais, il n\'avait exprimé - en public - un tel désarroi. L\'affaire Cahuzac risque donc d\'exposer François Hollande aux nombreuses critiques de faiblesse : un président qui ne sait pas se faire respecter, auquel mentent ses ministres.Un timing très défavorable à François HollandeIl est vrai que le timing est plutôt très défavorable à l\'Elysée. François Hollande est au plus bas dans les sondages. Les Français ayant un doute sur le cap suivi. L\'opération reconquête passait notamment par l\'intervention télévisée du chef de l\'Etat le 28 mars dernier. Selon les sondages, l\'opération ne s\'était pas révélée probante. Toujours ce problème d\'image manquant de fermeté. Et quelques jours plus tard, donc, les doutes concernant Jérôme Cahuzac deviennent réalité... quinze jours à peine a près sa sortie du gouvernement. Encore une pierre dans le jardin de François Hollande qui 1/ n\'aura rien vu venir et 2/ sera moqué pour n\'avoir pas réussi en juin dernier à former un gouvernement à la probité irréprochable... Comme il s\'y était engagé.Bien entendu, le locataire de l\'Elysée pourra toujours affirmer qu\'il a agit puisque Jérôme Cahuzac n\'est plus son ministre. Il pourra aussi évoquer sa fidélité envers des hommes qui l\'ont soutenu et qui rencontrent des difficultés. Un noble sentiment qui n\'a pas trop sa place dans le monde (très) cruel de la politique.Une interminable mauvaise séquenceBref, il va falloir revoir leurs plans pour les « spin doctors » - ces spécialistes de la communication - du président. Ce dernier traverse une épouvantable et interminable mauvaise séquence... Alors même que de difficiles décisions se profilent sur les retraites, la protection sociale, l\'assurance chômage. François Hollande pourra tenter de se consoler en se disant qu\'il vaut mieux que l\'avalanche des problèmes ait lieu les deux premières années de son quinquennat, plutôt que dans les trois dernières. Celles qui marquent la mémoire des Français au moment des échéances. En espérant, pour lui, que d\'ici 2017 n\'éclate pas une autre « affaire Cahuzac ».

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