Sarkozy parie sur des réformes difficiles

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Bonne nouvelle pour les Français : Nicolas Sarkozy a fait de 2010 « l'année du renouveau » après des mois de crise. « Ensemble nous avons évité le pire », a-t-il déclaré lors de ses v?ux. Une façon de les remercier de leurs efforts, tout en leur rappelant qu'il a su tenir la barre durant la tempête.« Je ne suis pas un homme qui renonce à la première difficult頻, a d'ailleurs lancé le chef de l'État en faisant référence à la taxe carbone, une promesse présidentielle qui verra bien le jour malgré la censure du Conseil constitutionnel. Il a confirmé qu'une nouvelle mouture du projet serait adoptée en Conseil des ministres le 20 janvier, le Parlement devant le voter avant les élections régionales de mars. Mais cette « année du renouveau » promise par Nicolas Sarkozy en guise de sortie de crise pourrait se révéler plus laborieuse qu'il n'y paraît en cette période de v?ux. Si l'exécutif ne cache pas que les réformes structurelles volontairement remises à plus tard en raison de la crise ne devraient pas s'appliquer avant 2011, c'est pourtant cette année qu'elles doivent être décidées.C'est bien sûr le cas des retraites dont la réforme du financement devrait occuper la seconde partie de l'année. Alors que l'emploi des seniors reste un gros point noir en France, le gouvernement aura beaucoup de mal à convaincre de la nécessité d'une prolongation de la durée de cotisation pour rééquilibrer les régimes de retraite. Est-ce pour amadouer les partenaires sociaux, gestionnaires des régimes de base, que le chef de l'État a salué lors de ses v?ux leur « grand sens des responsabilités » durant la crise ?Mais, avant les retraites, l'Élysée va devoir démontrer sa véritable volonté de réduire les déficits publics qui ont atteint fin 2009 près de 78 % du PIB, un record qui devrait être dépassé en 2011 et 2012. Nicolas Sarkozy a promis l'organisation, fin janvier, d'une conférence sur les déficits publics pour faire comprendre l'urgence de la situation. Le ministre du Budget, Éric Woerth, rappelant, dimanche sur Europe 1, qu'il n'était pas question d'augmenter les impôts pour ne pas compromettre la reprise, c'est du côté des économies que le gouvernement devrait donc se tourner. Or, la désormais fameuse RGPP (révision générale des politiques publiques) ne doit faire économiser que 8 milliards d'euros d'ici à 2011, et elle commence à susciter la fronde des fonctionnaires, comme actuellement dans les services déconcentrés de l'État. Quant à la suppression d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, les 33.000 postes concernés en 2010 ne devraient faire économiser que 500 millions sur une masse salariale totale de 80 milliards (hors retraites).S'il veut aller plus loin, c'est aux dépenses d'intervention, en particulier dans le domaine social, ainsi qu'aux niches fiscales et sociales que le gouvernement devra s'attaquer. De quoi braquer chaque catégorie concernée.D'autant qu'à ce mécontentement s'ajouteront les revendications salariales, dans le public comme dans le privé, des cadres en particulier, qui voudront tirer profit de la sortie de crise. 2010 pourrait bien être aussi l'année du renouveau? des conflits sociaux.

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