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Publié le 04 janvier 2010 à 03:09 - Mis à jour le 04 janvier 2010 à 03:09

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Le pire et le meilleur. C'est en substance ce que les marchés d'actions ont offert comme spectacle en 2009. Après l'intensité de la crise de 2008, l'encéphalogramme boursier pouvait difficilement rester plat. À l'issue de cette année folle, le CAC 40 s'est finalement adjugé 22,32 %, après un bond de 57 % entre mars et décembre.Dans un premier temps, la finance mondiale sens dessus dessous et l'assèchement du marché du crédit ont fait surgir le spectre de faillites en cascade. Les investisseurs ont fui les marchés d'actions comme la peste pendant que les analystes réduisaient leurs prévisions de résultats. Dans ce climat d'apocalypse, les indices ont continué de vivre l'enfer : après avoir chuté de 42 % en 2008, le CAC 40 abandonne 20 % supplémentaires entre janvier et début mars. A posteriori, le phénomène dépasse l'entendement. « Le plus surprenant en 2009 a surtout été l'amplitude de la baisse du début d'année, qui répondait plus à une logique de flux plutôt qu'à de l'analyse fondamentale », estime Arnaud Cayla, gérant actions chez Barclays.Plan de relance des états à coups de milliards et politique accommodante de la part des banques centrales font prendre conscience aux marchés que la fin du monde n'aura pas lieu. L'électrochoc réveille les indices qui, à compter du 9 mars, entament l'un des plus forts rebonds de leur histoire. De mars à juin, le CAC 40 reprend 34 %. Les sociétés se refinancent et « la contrainte bilancielle levée, la valeur cachée des entreprises s'est révélée être très attractive pour les investisseurs, qui ont commencé à racheter les titres les plus décotés, à savoir les cycliques » décrypte Arnaud Cayla. Meilleurs que prévu, les résultats du deuxième trimestre alimentent la seconde phase de rebond (+ 23 % supplémentaires pour le CAC 40 de juillet à fin août). La sortie de crise qui se dessine aurait pu soutenir le mouvement à l'automne. Mais les interrogations sur les scénarios de reprise qui conditionnent la fin des politiques accommodantes des banques centrales font douter les investisseurs.L'euphorie retombe quelque peu, ce qui n'empêche pas les indices de toucher des plus-hauts annuels en pleine trêve des confiseurs (à près de 4.000 points pour le CAC 40). « La tendance de fin d'année est un bon indicateur de ce qui pourrait arriver en 2010. Les marchés devraient continuer de progresser mais de façon plus modérée car les investisseurs seront plus regardants sur la qualité. Ils ont déjà commencé à se repositionner sur les valeurs défensives », constate Frédéric Buzaré, directeur de la gestion actions chez Dexia AM. En soulignant au passage que les actions sont la seule classe d'actifs à ne pas avoir retrouvé leur niveau d'avant Lehman. Ce rattrapage devrait avoir lieu cette année. D'autant que, comme le souligne Arnaud Cayla, « le marché sous-estime le levier opérationnel des entreprises et les effets des restructurations réalisées en 2009. Mécaniquement, ce levier sera beaucoup plus important que lors de la précédente crise du début de la décennie ».désintoxicationPour autant, les stratèges restent très raisonnables. Certains envisagent un scénario inverse à celui de 2009, avec un premier trimestre en fanfare suivi de neuf mois presque atones. Pour Frédéric Buzaré, la colossale dette des États va devenir « un sujet important qui va créer de la volatilité et s'avérer le principal facteur susceptible de perturber les marchés ». C'est aussi sans compter sur la perspective, à partir du second semestre, de voir les banques centrales retirer peu à peu les perfusions mises en place depuis le début de la crise. Le marché est, dans ce domaine, promis cette année à une cure de désintoxication.

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