Politique industrielle  : les entreprises sceptiques

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Plus de quatre mois après le lancement en grande pompe des états généraux de l'industrie, c'est donc ce jeudi, à Marignane, que Nicolas Sarkozy doit annoncer les mesures qu'il a retenues pour tenter d'enrayer le déclin de l'industrie française. Pas facile de choisir entre les centaines de propositions, parfois très floues, contenues dans le rapport qui lui a été remis. Mais le chef de l'État, qui s'est pris de passion pour l'industrie et souhaite dans ce domaine une politique « ambitieuse, puissante et cohérente », ne peut pas arriver les mains vides.Pour autant, pas sûr que les entreprises attendent beaucoup de ce discours. Les PME que nous avons interrogées, obligées de se battre jour après jour pour négocier avec leurs banquiers ou naviguer dans la jungle des réglementations, attendent avant tout qu'on cesse de leur imposer des contraintes. Taxe carbone, emploi des seniors ou des handicapés, elles ont l'impression que le parcours d'obstacles se complique un peu plus à chaque fois. Et les grands groupes ne sont pas loin de partager cet avis. La taxe professionnelle « a été compensée par autre chose », dénonçait ainsi mardi Carlos Ghosn, le patron de Renault. Si bien que sa suppression ne va faire économiser que 50 euros sur une voiture, au lieu des 250 euros attendus. Mesure phare décidée par Nicolas Sarkozy, la suppression de la taxe professionnelle ne serait donc d'aucun secours pour l'industrie ? « Nous avons fait nos calculs et nous allons payer autant qu'avant » confiait voilà quelques jours le PDG d'un très grand groupe industriel. Le sauvetage de l'industrie est mal parti.

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