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« Nous nous donnons les moyens de consolider le leadership spatial de la France »

La Tribune

Publié le 04 octobre 2010 à 16:09 - Mis à jour le 04 octobre 2010 à 16:09

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Les industriels de la filière spatiale, notamment Astrium, estiment que la France et l'Europe n'investissent pas suffisamment dans l'espace. Votre réponse ? Nous nous donnons tous les moyens de consolider le leadership français en matière spatiale contrairement à ce qui a été dit sans doute un peu légèrement. Avec le rapport Bigot, Collet-Billon et d'Escatha sur le lanceur du futur, le plan d'investissements d'avenir (500 millions d'euros, dont 250 millions pour les études et un démonstrateur d'Ariane 6 et 250 millions pour les nouveaux programmes satellitaires), la hausse du budget du CNES [Centre national d'études spatiales] et les 70 millions supplémentaires donnés à l'ESA [l'Agence spatiale européenne], la France fait un effort financier très important. On est au-delà de ce que devait espérer initialement l'industrie spatiale. Bien au-delà. Aujourd'hui la France met deux fois le budget allemand en termes d'investissements publics. Justement sur les lanceurs, que faut-il privilégier : Ariane 6 ou la modernisation d'Ariane 5, certains estimant qu'il n'y aura pas assez d'argent pour faire les deux...Le Grand emprunt permet à la France de mettre sur la table les financements nécessaires pour tenir tous les engagements que l'on a pris lors de la ministérielle de l'ESA en 2008 : les engagements de modernisation d'Ariane 5 et le lancement d'une réflexion sur les alternatives technologiques sur la base du rapport Bigot, Collet-Billon et d'Escatha, sur un lanceur de nouvelle génération plus adapté aux besoins du marché à l'horizon 2025. C'est vrai qu'au départ nos partenaires allemands étaient inquiets de notre envie de pousser Ariane 6. Ils avaient la crainte que la France ne respecte pas les engagements pris sur la modernisation d'Ariane 5. Ce qui veut dire que vous faites une rallonge budgétaire à l'ESA ?Effectivement, la France donnera 70 millions supplémentaires de financements pour le budget de l'ESA en 2011. En outre, le budget du CNES va augmenter de 15 millions d'euros en 2011 et le nouveau contrat d'objectifs sera signé dans les prochaines semaines. C'est exceptionnel : nous sommes dans une période où le budget de l'État est très contraint, or nous consacrons 500 millions d'euros pour des investissements spatiaux.N'y a-t-il pas un projet de faire évoluer le capital d'Arianespace ?Nous sommes ouverts à cette évolution. L'ESA travaille avec l'ensemble des partenaires sur l'évolution possible de la gouvernance d'Arianespace. C'est un geste fort que fait la France. L'évolution du capital d'Arianespace se fait sous l'impulsion de l'ESA et non pas du CNES...Le CNES y travaille aussi. Jean-Jacques Dordain et Yannick d'Escatha travaillent main dans la main. D'ailleurs, en termes de rapprochement, nous allons déplacer à Paris la direction des lanceurs du CNES basée à Evry avec celle de l'ESA, qui par son statut ne peut pas déménager hors de Paris. La logique de ce rapprochement est de développer des synergies. En revanche, Arianespace ne viendra pas. C'est une question de financement. Pour cette évolution de l'actionnariat d'Arianespace, recherchez-vous des partenaires financiers ?Pour l'instant, nous ne sommes pas à ce stade de réflexion. Tout est ouvert. C'est évident aujourd'hui que nous pensons aux États. L'arrivée de partenaires privés et/ou financiers n'est pas à l'ordre du jour. Nous sommes plutôt sur l'objectif de recapitaliser avec les pays membres de l'ESA, éventuellement via les agences spatiales. Avec une place plus forte accordée aux États partenaires de l'ESA, c'est-à-dire aux donneurs d'ordres, nous aurons une vision plus politique par rapport aux fournisseurs.Mais l'objectif n'est-il pas de faire sortir les industriels fournisseurs du capital d'Arianespace ?Nous n'en sommes pas à ce stade de réflexion. Il y a eu une difficulté pour la fixation des prix au moment de l'achat des derniers lanceurs Ariane 5. D'un côté, les industriels estimaient qu'ils ne pouvaient pas aller plus bas en termes de prix et, de l'autre, Arianespace affirmait qu'il ne pouvait pas vendre les lancements. Ce système est complexe du fait que des fournisseurs sont actionnaires.Le programme Galileo est-il enfin sur les rails ?On a pris un peu de retard sur le lanceur russe. Les premiers lancements Soyouz avec les satellites Galileo sont prévus en mars 2011. La première mise en service est prévue en 2014.Propos recueillis par Michel Cabirol

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