Une association dénonce le « jackpot » des opérateurs fixes sur le mobile

Qui se cache derrière Consolib ? Cette association, créée début janvier, vient de lancer une pétition en ligne contre le « jackpot des opérateurs fixes grâce aux appels vers les téléphones mobiles. » Un site Internet, Arnaquefixemobile.fr, relaie ces doléances. Un étudiant à Sciences po et à Dauphine, Bastien Le Coz, se présente comme le porte-parole de cette « communauté d'internautes concernés par la défense des consommateurs et de leur pouvoir d'achat ».Consolib pourfend la régulation du gendarme des télécoms, l'Arcep, et « les prix excessifs, en moyenne 25 centimes par minute », pratiqués par les opérateurs de téléphonie fixe, sur les appels vers les mobiles, alors que le coût est de l'ordre de 5 centimes. « Ces opérateurs, que ce soit Orange, SFR ou Free, n'ont pas répercuté la baisse de tarifs de gros sur leurs prix de détail » déplore leur porte-parole, les accusant de « soutirer à leurs abonnés plus de 1,2 milliard d'euros, soit près de 4 euros par mois par abonn頻. Orange, en tant que fournisseur du service universel et numéro un de l'ADSL, en retire la plus grosse partie, 943 millions d'euros selon les estimations de l'association, qui a épluché les grilles tarifaires puis extrapolé en fonction des parts de marché de chacun. En termes de taux de marge, ce serait SFR qui surfacturerait le plus. Des chiffres non confirmés par l'Arcep ou les opérateurs.« Une rente indue »« Il y a un vrai problème de fond, qui n'est pas nouveau », observe Édouard Barreiro, de l'UFC-Que choisir. « Les opérateurs fixes ont bien une rente indue, mais il n'y a pas de levier juridique ou réglementaire », regrette-t-il, l'Arcep régulant les tarifs de gros du fixe et non de détail. En outre, « les consommateurs sont peu sensibles aux prix des communications vers les mobiles ; 4 euros par mois, c'est un peu indolore », reconnaît de son côté le cofondateur de Consolib. Il espère toutefois réunir plusieurs milliers de signatures en mobilisant sur Internet, via le site et Facebook, puis alerter l'«Autorité de la concurrence et le législateur ». Les professionnels du secteur affirment ne pas connaître cette association. L'un d'eux avance qu'elle « émane sans doute de Bouygues Telecom, qui a déjà fait circuler des estimations similaires ». Delphine Cuny

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