Sarkozy recadre son gouvernement et reprend la main

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L'information tombait dès mercredi soir : dans un entretien au « Figaro Magazine » à paraître aujourd'hui, le Premier ministre, François Fillon, annonçait les premières décisions sur la taxe carbone. À savoir : une tonne de CO2 à 14 euros, contre 32 euros suggérés par les experts ; une redistribution pour les ménages « soit par l'impôt sur le revenu, soit par une baisse des cotisations sociales », sans toutefois préciser ni le montant des reversements, ni leurs contours exacts ; l'exclusion de l'électricité de l'assiette du futur prélèvement. Jeudi soir, patatras ! Les déclarations des responsables Verts, Cécile Duflot, secrétaire nationale, et Jean-Claude Besset, député européen, au sortir de leur entrevue avec le président de la République, ont rebattu les cartes. Les arbitrages élyséens sur le montant comme sur les modalités de compensation de la taxe carbone ne sont « pas encore rendus », ont-ils assuré vendredi soir. Coup de pied de l'âne au chef du gouvernement, les deux écologistes affirment que le président leur a dit qu'il « n'avait pas lu l'interview » de son Premier ministre !Dans cette cacophonie où la boîte à gifles élyséenne fonctionne à plein régime, Christine Lagarde a eu droit à son lot. Elle et son entourage, qui avaient qualifié la réunion interministérielle (Borloo, Lagarde, Woerth) convoquée hier à l'Élysée de « réunion d'arbitrage », sont également démentis. En fait, le président annoncera la semaine prochaine les modalités de mise en ?uvre de la taxe carbone qui sera créée dans le budget 2010, a précisé hier l'Élysée.Nicolas Sarkozy reprend fermement la main dans ce dossier très polémique. Et se donne le temps de prendre du recul face à la bronca qu'a suscitée, tant dans l'opposition qu'au sein de sa propre majorité, les désormais obsolètes annonces de son Premier ministre, Le temps également de laisser à sa secrétaire d'État à l'Écologie, Chantal Jouanno, lui rapporter le fruit du voyage qu'elle effectue lundi et mardi en Suède pour y rencontrer experts et politiques chargés de suivre l'évolution de la taxe carbone qui fut instaurée là-bas en 1990.Aujourd'hui, tout reste donc ouvert. Du prix de la tonne de carbone aux modalités de reversement aux ménages, les données peuvent beaucoup évoluer. L'espoir que le président recadre son projet et revienne au principe initial de contribution climat-énergie défendu par Nicolas Hulot et les Verts pourrait expliquer le relatif silence médiatique dont ont fait preuve jusqu'ici l'animateur de télévision comme le leader d'Europe Écologie, Daniel Cohn-Bendit. Si c'est le cas, le prix de la tonne de carbone sera revu à la hausse, l'électricité pourrait être réintégrée dans l'assiette de la taxe et la redistribution s'opérera aux ménages sous la forme de chèques verts modulés en fonction de leurs revenus, de leur situation géographique, voire de leur quotient familial. Rémy J

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