Le Mercosur, nouveau pôle de croissance dans le monde

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Abonnés par le passé aux crises à répétition, les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) semblent avoir rompu avec cette fatalité. Mieux, ils ont le vent en poupe actuellement, et battront des records de croissance en 2010, avec une moyenne de 7,5 %. Quant à la progression du PIB de l'Argentine, elle devrait atteindre 9 %. D'après la secrétaire exécutive de la Cepal (Commission des Nations unies pour l'Amérique latine et les Caraïbes), Alicia Bárcena, « la vigueur du redressement de ces pays s'explique par la solidité macro-économique des politiques menées par leurs gouvernements, mais aussi par des politiques fiscales expansives, des politiques monétaires responsables et des politiques d'emploi volontaires, qui leur ont permis de traverser la crise avec un minimum de dégâts sociaux et de repartir très fort, avec des résultats historiques en termes de diminution de la pauvreté et des inégalités ». D'une manière générale, les pays de la région affichent de bons fondamentaux : contrairement à ce qui se passait dans les décennies précédentes, ils n'affrontent pas de problèmes majeurs d'endettement, leurs systèmes financiers sont solides (de fait, ils n'ont pas été affectés par la crise), ils dégagent des excédents budgétaires et des soldes commerciaux positifs. La Banque mondiale, dans un rapport sur les matières premières, confirme le diagnostic, tout en mettant en avant le rôle des exportations de produits miniers et agricoles (soja, notamment) vers les économies asiatiques. Diversifier à l'étrangerPour la Banque mondiale, avec des prix orientés à la hausse, les « commodities » ont cessé d'être une « malédiction » pour la région. Et d'autant moins que les pays du Mercosur ont considérablement diversifié leur appareil de production et leurs ventes à l'étranger. Pour le Brésil et l'Argentine, les produits primaires représentent respectivement 10 % et 15 % de leurs exportations, de sorte que l'on ne peut parler de risque de dépendance à leur égard. Autre élément moteur de la croissance du Mercosur, l'intégration économique entre le Brésil et l'Argentine. Les échanges commerciaux bilatéraux, qui étaient de 8 milliards dollars au début de la décennie, dépasseront 34 milliards de dollars en 2010. Quant aux investissements croisés, ils atteignent désormais 14 milliards de dollars, dont 10 milliards pour ceux des entreprises brésiliennes en Argentine et 4 milliards pour les firmes argentines au Brésil.Jean-Louis Buchet, à Buenos Aire

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